‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 96 sur 117 · XXXV. E F · texte numérisé non relu

XXXV. E F

1. On ignore le nom de cette sœur du comte Thibaut. Plusieurs historiens ont cru, sans raison valable, qu'elle s'appelait Gcrberge.

2. Le manuscrit F (f° 133 r°) ajoute ces mots : « En la manière dessusce ditte racontent les Croniqucs nantaises. ».----.

104 CHRONICON [c. xxxv, an. 960 circa]

povoit avoir celle pome qu'il de Nantes, et s'en retourna à

Sainct-Paul, où premier il avoit esté ordonné : et adoucie duc Allain esleut Gaultier, fds de Wicohenus, archevesque de Dol, et l'institua évesque de Nantes (E9 p.

restitueroit tout ce qui estoit destruit en icelle église, et, ne trouvant manière cornent il y peust monter, destruisit toute icelle tour dempuix le fondement. Laquelle subvertie, il trouva, entre tant de murailles dérompues une pome de léton doré, mais petit d'or y trouva. Et pour

ceste sotise grandement desprisé du duc Allain et de touz autres, délaissa l'évesché de Nantes, et s'en alla à Sainct- Poul, où il avoit premièrement esté ordonné, et lors le duc Allain et les Nantays esleurent Gaultier, filz Vichohenus, l'archevesque de Dol, et le ordonnèrent ou siège épiscopal de la cité de Nantes1 (F, f° 133 r°).

1. La cause, pour laquelle Hesdren abandonna Févêché de Nantes, est assez obscure. Celle qui est indiquée ici est inadmissible ; elle dérive d une tradition ecclésiastique, qui permet simplement de supposer qu'Hesdren était impopulaire à Nantes. Il est d'ailleurs à peu près certain que ce prélat jusqu'à la mort d'Alain Barbetorte resta dans les meilleurs termes avec le duc des Bretons (cf. Cartul. de Landévennec, dans les Mélanges historiques , V, 564). A la date de 958, Hesdren était encore évêque de Nantes (cf. charte du mois de septembre 958 dans Baluze, Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, II, 23) ; et à la même époque il y avait à Saint-Pol-de-Léon un évêque du nom de Mabbon (cf. Cartul. de Saint-Père de Chartres, 1, 54). Ce Mabbon se retira vers 960 au monastère de Saint-Benoît-sur-Loire où il finit ses jours (cf. Miracula S. Benedicti, édition de la Soc. de l'hist. de France, p. 155, et Hugues de Fleury, Migne, P. L., t. 163, col. 889). C'est alors qu'Hesdren, lassé sans doute des difficultés qu'il s'était créées avec ses diocésains, se décida à abandonner lévêché de Nantes et retourna à Saint- Pol-de-Léon. Chassé de cette ville par une invasion des Normands en 963, Hesdren se réfugia dans l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où il mourut (cf. Bollandistes, Catalogus cod. hagiog. lat. Paris., III, 148-149). Hesdren ne fut inscrit sur aucun des catalogues épiscopaux de l'église de Nantes : il y a là un nouvel indice qu'il abandonna réellement son diocèse et qu'il vivait en mauvaise intelligence avec son clergé (cf. abbé Duchesne, Catal. épisc. de la prov. de Tours, p. 74). — Gautier, fils de Wicohen, archevêque de Dol, fut élu évêque de Nantes entre les années 958 et 960 (voir plus loin, ch. XXXVIII).

[c. xxxvi, an. 952]

SAMNETENSE

Post vero non8 longum tempus Alanus dux, in infirmitatem magnam decidens, mandavit Theobaldo, comiti Blesensi, ut ad se visitandum veniret, necnon praelatos suos, videlicet archepiscopum Dolensem, Redonensem, Namnetensem, Corisopitensem , Macloviensem , Venetensem, Briocensem, Leonensem, Trecorensemb episcopos, ac comités et mathibernos totius Britanniae ammonuit, ut ei Namnetis festinanter venirent, Quibus praelatis et proceribus in ejus praesentia congregatis, jussit ut fîlio suo parvulo, nomine Drogoni, ex muliere s Lia ultima tune vi vente progenitoc, suoque sororio Theobaldo, filii sui praedicti avunculô, cui omnia sua bona et filium siium committebat, fidem facerent et juramenta, ne unquam ei in jured Britanniae de omni honore ejus infidèles fuissent. Qui qui-

Si ne tarda pas longuement après, que ce duc Allain cheut en grand maladie et manda à Thibaud, comte de Blois, frère de sa femme, qu'il veneist à luy le visiter ; et aussi admonnesta ses comtes, ses évesques et ses barons qu'ils se hastassent de venir à luy à Nantes, et, quand ils furent tous en sa présence, il leur commanda qu'ils fissent la foy et serment à un petit fils qu'il avoit de sa femme, nommé Drogo, et à son beau-frère, Thibauld de Blois, oncle de son dit fils, auquel il le commettoit en garde avec toutes ses choses ; que jamais ils ne luy seroient desloyaux, mais garderoient à l'enfant le droit et l'honneur de toute Bretagne : lesquelles choses parfaites, il vesquit peu de temps depuis, et, après sa mort, fut ensépulturé en l'église des saincts martyrs Donatian et Rogatian. Mais le lendemain son

XXXVI. A D E F. — a) deest A. — b) necnon praelatos suos, etc. usque ad Trecorensem desunt D. — c) ex muliere etc. usque ad progenito desunt D. — d) pro ei in jure A habet m regione.

106 CHRONJCON te. xxxvi, an. 952]

dem praelati et proceres hoc corps fut trouvé sur la terre

promiserunt6. Ouibus peractis , parvo vive n s tempore, defunctus est Alanus Barbatorta, sepultusque fuit apud ecclesiamf Sanctorum Donatiam et Rogatiani1. In crastino autem die repertum est corpus ejus super terram ; quod mirabile fuit magnum omnibus sepelientibusg, venientesque iterum omnes ad illum infodiendum, ne unquam inde resurgeret, saxis magnis et truncis onerarunt tumulum. Facto autem noctis crepusculo, equitabant comités per omnes vicos extra civitatem cum sonitu magno phalangae militum usque ad gallicinium, nullusque nocte consurgens extra civitatem valde exterritus audebat exire. Sicque per quatuor clies corpus, omni onere super illud misso undique expulso, super terram iterato repertum est. Omnibus autem Namneticae urbis nescientibus quid de illo facerent, respondit unus, qui valde Alano

descouvert; laquelle chose fut merveilleuse à tous ceux qui l'avoient ensevely, qui retournèrent et l'enterrèrent deréchef; et, afin qu'il ne relevast, le chargèrent de pierres et de grands troncs. Et, depuis le soir jusques au jour, chevau choient grands multitudes de chevaliers par toutes les rues dehors cité faisans grand bruit, et n'osoit nul s'eslever par nuict. Mais néantmoins par trois jours fut le corps trouvé nud sur la terre, et la charge qu'on mettoit dessus expulsée ça et là. Et comme tous les Nantois fussent esmerveillez, ne sçavans qu'ils feroient de celle chose, respondit l'un qui moult avoit esté son familier en sa vie, que celuy duc Allain sur tous les saincts avoit aimé la Vierge Marie, et toujours l'avoit appellée en ses nécessitez; pour ce, conseilloit qu'ils le portassent en l'église qu'il avoit édifïiée en la cité de Nantes à l'hon-

XXXVI. — e) qui quidem praelati et proceres hoc promiserunt desunt D. — f ) pro apud ecclesiam A habet in cimiterio. — g) videntibus D.

1. Le duc Alain Barbetorte mourut en 952. Cf. Annales Floriacenses, dom Bouquet, VIII, 254.

[c. xxxvii, an. 952-958 circa] NAMNETENSE J 07

invitafuerat familiaris, quod neur d'elle, et que certaine-

ment là il reposèrent. Si le prindrent et l'y apportèrent, et ensevelirent; et adonc reposa le corps et cessa le tumulte (E,V. 136),

ille duxnobilissimus sanctam Dei genitricem prae ceteris sanctis dilexerat et in omnibus necessitatibus suis auxilium ipsius gloriosae Virginis Mariae semper invocaverat, ita ut ad ej us ecclesiam, in urbe Namnetica olim ab illo post

Normannorum destructionem reedificatam, illud déferrent, et ibi certissime requiem haberet. Quo audito, accipientes illud attulerunt ad ecclesiam Beatae Mariae Namnetensem, per ipsum reedificatam et constructam ac etiam dotatam, et ibidem illud sepelierunt; quo sepulto, requievit corpus ejus et omnis tumultus inde recessit11.

Deinde qualiter urbs Namnetica in contention e remansit et quanta mala illi evenerunt, sub brevitate notificare volumus, ut in pagina ista continetur. Namque Theobaldus, cornes Blesensis, Fulconi, comiti Andegavensi1, tradens sororem suam, relic-

Assez tost après la mort d'Allain Barbetorte, duc de Bretagne, [selon le dessus dit acteur des Chronicques de l'église de Nantes,] Thibault, le comte de Blois, maria sa sœur, qui femme du dit Allain avoit esté, à Foulques, comte d'Anjou, et

XXXVI. — h) In crastino antem die repertum est corpus ejus etc. usque ad inde recessit de s un t D.

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