‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 97 sur 117 · XXXVII. A D E F · texte numérisé non relu

XXXVII. A D E F

1. Foulcpjes le Bon, comte d'Angers de 942 à 968. — La partie de la Bretagne, sur laquelle Foulques exerça sa domination comme tuteur du jeune Drogon, comprenait le comté de Nantes et peut-être celui de Vannes ; les comtes d'Angers, successeurs de Foulques, revendiquèrent jusqu'au xic siècle le droit de suzeraineté sur le pays de Nantes et sur celui de Mauge qui en dépendait.

J08 CHROMCON [c. xxxvn, an. 952-958 circa]

tam AlaniBarbaetortaeducis, luy laissa avoir, tant que

in uxorem, ei dimisit, quandiu Drogo infans, nepos ejus, adultus esseta, medietatem urbis Namneticae et territorii ejus et telonei et omnium consuetudinum, unde teloneum exigi poterat, ac etiam totiusBritanniae medietatem; et residuam partem Britanniae, quam JuhaeP Berengariic cornes1 et Wicohenusd archiepiscopus Dolensis2, de illo receperunt, in sua potestate retinuit3. Et de expletis, quae inde habuit, Carnoti turrem et Blesii et Cainonis perfecit4. Quam soro-

Penfant Drogo, son neveu, fust en aage, la moitié de toute la cité de Nantes et du territoire d'icelle, le tribut du port et toutes les coustumes, et généralement la moitié de toute Bretagne. Et l'autre moitié que le comte Juhael Bérenger et Wicohenus, l'archevesque de Dol, receurent de luy, retint celuy comte Thibault en sa puissance, et du revenu qu'il en eut parfist la tour de Chartres, Blois et Chinon. Si print le comte Foulques sa femme et Drogon, le fils du

XXX VII. — a) pro adultus esset A habet viveret. — b) de est A. — c) Berangarius A. — d) Wichohen A.

1. Judicaël-Bérenger, comte de Rennes, et ses successeurs reconnurent jusqu'à la fin du xc siècle la suzeraineté des comtes de Chartres.

2. Wicohen avait été élu archevêque de Dol en 944 : son prédécesseur, dont on ignore le nom, avait péri dans la cathédrale de Dol en cette année 944, lors d'une prise de la ville par les Normands (Flodoard, Annales, ad. ann. 944). Wicohen fut longtemps en lutte avec les comtes de Rennes au sujet du territoire de la Domnonée, sur lequel il était parvenu à étendre sa juridiction. Il fut vaincu par Gonan, fils de Judicaël-Bérenger, et il semble qu'il se retira alors pendant quelque temps, de 967 à 969, à la cour du duc de France, Hugues Gapet (cf. Le Baucl, Histoire de Bretagne, p. 138, et Lot, Les derniers Carolingiens, p. 111, note 1).

3. La partie de la Bretagne, dont Thibaut le Tricheur se réserva la suzeraineté, comprenait le comté de Rennes et toute la Domnonée. Au sujet de la domination simultanée de Thibaut de Chartres et de Foulques d'Angers sur la Bretagne, voir R. Merlet, Les Origines du monastère de Saint- Ma gloire de Paris (Bibl. de l'Éc. des Chartes, t. LVI, 1895).

4. C'est vers 955 que Thibaut le Tricheur construisit les donjons de Chartres, de Châteaudun, de Blois et de Chinon. Sur ces différents châteaux, dont la construction suscita contre Thibaut de vifs murmures de la part du clergé, voir une très curieuse pièce de vers, écrite au commencement du xie siècle et publiée par Marchegay et Mabille, Chroniques des églises d'Anjou, p. 247- 252. Voir aussi Cartulaire de Saint-Père de Chartres, p. 23.

[c. xxxvir, an. 952-958 circa] NAM IN

remejusdemTheobaldi Fulco cornes in uxorem ducens, ac Drogonem, infantem parvulum, in custodia sua ad nutriendum accipiens usque ad XV annos, eosdem matrem et filium deduxit Andegavum, mittensque postmodum servos suos ad res Namneticae civitatis sibi datas recipiendas, eis praecepit ut omnia sibi apud Andegavum afferrent. Quadam autem die, dum Fulco cornes in aula sua Andegavis jocaretur ad tabulas, 1res sacculos, denariis plenos, sibi attulerunt. Qui vero haec prospiciens, in corde suo valde miratus fuit, et dixit cunctis ibi astantibus, quod nullus vir in toto Francorum regno tam dives et potens erat, sicut ille qui urbem Namneticam possidere valebat. Accedensque, cupiditate pessima ductus, adnutricem, quae Drogonem puerum nutriebat, indicit ei ut illum occideret, magna illi promit tens munera, et, si non faceret, nunquam viva evaderet.

Quo audito, nutrix valde turbata et omnino anxia fuite quid de tanta crudelitate fa-

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