‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 147 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CLXXXIII · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CLXXXIII

prêt à s abattre sur la république occidentale. J'ai Tambition d'avoir établi que l'intérêt dont la préservation importait pardessus tout autre à cette époque, — je veux dire les conditions de la discipline religieuse, gage d'un redressement de là vie morale, — sut puiser, précisément au sein du désordre profond et prolongé, des garanties de sécurité et des occasions de profit. (Cf. infra^ p. 259.) Quant à Sulpice, à qui la catastrophé apparaissait irrémédiable, surtout parce que, Martin n'étant plus là, nul ne suivrait désormais ses enseignements et ses exemples, sil eût pu percer les ténèbres de l'avenir, même d'un avenir assez proche, il aurait vu son héros chéri redevenir Tidole, non plus de la seule Aquitaine ou de la Gaule, mais du monde occidental entier. Grâce à la Vita et aux Dialogues, on allait se remettre bientôt à aimer ce type d'intrépidité, de simplicité, d'abnégation, qui avait si prodigieusement élargi les bornes de la sympathie humaine, alors que défaillaient et rétrogradaient, sous le poids de l'extrême misère, les sentiments bienveillants. En de semblables circonstances, rien n'aurait réussi à empêcher un cas aussi exceptionnel de s'emparer des imaginations ; de remplir, de nourrir, de vivifier les âmes; de consoler, de redresser, d'améliorer les forts comme les faibles; principalement les faibles^ les « tout petits ». Ce terme me rappelle que j'ai soulevé, au début de ces prolégomènes, la question de savoir si Martin atteignit à la grandeur. Héros, grand homme, grande individualité, je vous en prie, ne parlons plus de cela. Ces titres contiennent je ne sais quelle tumultueuse gloriole; ils éclatent avec

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