VIII, 2 : Tradere suntjussi...^ etc
été seuls recherchés et confisqués'. Des acia et des ^o^stones^ personne ne dit mot. Mais quand la nécessité d'avoir raison vous tient à la gorge, tous les arguments semblent bons. Il est certain que vers la fin du iv« siècle, alors que Pentrainement qui poussait au culte des martyrs prit son essor, il y eut une déception pénible par suite de l'absence complète de documents un peu positifs. L'écho s'en est répercuté en bien des places ; notamment dans les épitaphes si laborieuses et si lourdes rédigées par Damase, évoque de Rome, qui aurait tant souhaité donner une physionomie historique aux tombeaux des catacombes. Anxieusement, il cherche des pièces probantes et ne recueille que des rumeurs. < On raconte, » < le bruit court, » c on rapporte, » fertur, traditur, fama refert, c'est tout ce qu'il peut dire. Vingt années plus tard, l'espagnol Prudence, ancien fonctionnaire devenu poète sur ses vieux jours, essaie, à son tour, de célébrer les hauts faits des martyrs. Ce qui s'offre à lui, c'est cle lamentable silence des souvenirs antiques». L'oubli, l'oubli absolu, a tout recouvert de son ombre : vefi4statis obsoleta obli' vio. C'est alors que, pour se consoler de tant de lacunes qui laissent insatisfaite sa pieuse curiosité, l'imaginatif Prudence se retourne contre les c satellites blasphémateurs » de la persécution : < Ils ont voulu, 9 s'écrie-il, empêcher le siècle futur d'être renseigné sur l'ordre, le > temps, le mode de la passion des martyrs '• > Comme invention poétique, ce mouvement n'est pas mauvais ; mais il est bien faible comme démonstration. En tout cas, quoi qu'il vaille, c'est Prudence qui l'a formulé le premier. Le cardinal Baronius le lui a emprunté, et, depuis lors, on n'a cessé de répéter que pendant dix années les persécuteurs s'étaient attachés à anéantir jusqu'au dernier vestige les acta possédés par les Eglises. Ce fut un immense naufrage ; à peine quelques débris purent siumager (cf. Paul Allard et Baronius in Martyrologium Rotna" num, 2). U est sans grand intérêt de contredire cette pathétique description. Cependant, qui ne voit que si la fureur des < satellites » put s'exercer sur les écrits relatifs aux persécutions antérieures, elle resta sans prise vis-à-vis des actes relatifs aux martyrs de 3o3-3ii? Cette période aurait dû, à elle seule, fournir autant d'acto que toutes les autres réunies, puisqu'elle donna lieu à un nombre de procès infiniment plus considérable. D'autre part, les acta ainsi produits ne pouvaient avoir eu rien à souffrir des agents impériaux, le personnel administratif, hier ennemi des Chrétiens, leur étant devenu favorable. Cependant, les pièces martyrologiques qui datent de ce temps-là sont sensiblement inférieures en quantité et en qualité ; d'ailleurs, elles font presque totalement défaut.
Outrageuse
fausseté
de cette double
explication.