XCVIII PROLÉGOMÈNES
était retirée semblait avoir pris refuge dans l'adoration de l'empereur vivant. A partir de Dioctétien, la dignité suprême prend les allures extérieures d^une fonction céleste. Vêtu de soie, de pourpre et d'or, couvert de pierreries jusqu'à la chaussure, se montrant rarement et toujours dans un cadre fait pour éblouir et pour aveugler, l'Auguste, leScmôç^ habitait une maison f divine ». Les appartements occupés par lui étaient sacrés, sacrés aussi les objets à son usage. Une légion d'eunuques gardait l'entrée de la domus divina. On n'en approchait qu'avec terreur pour adorer le divin visage. Cette permission d'adorer, de toucher un pli du manteau de l'Éternité Impériale constituait une inestimable faveur. C'était elle surtout qui faisait tant rechercher la domesticité palatine, custodes divini lateris. L'homme qui pouvait être en contact plusieurs fois par mois avec la chlamyde de l'Auguste devenait, par ce seul fait, l'égal des plus hauts fonctionnaires sur le terrain de l'étiquette. J'ai dit plus haut qu'un baiser de la bouche sainte faisait oublier aux ambitieux leurs plus pénibles déceptions. Les seconds Flaviens, loin de rien changer à ces usages, ajoutèrent à l'orientalisation du cérémonial. C'est sous eux que s'établit l'habitude de proclamer à tout propos la divinité de TAuguste. Constance, quand il se présentait en public, prenait des poses d'idole et restait plusieurs heures sans remuer. Il ne se serait pas mouché, il n'aurait pas craché, dût-il en mourir'. Les rites se compliquèrent; la nomenclature
I. c Sec 9puêH» aui as aut uasmn fricans, > Cf. Rerum gesiarum, lib. XVI, lo, où Ammien le représente entrant à Rome, seul sur un char d'or ou doré et