‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 79 sur 198 · C PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

C PROLÉGOMÈNES

ment très scandalisés. Magnus Maximus, lui non plus, n'était guère content. Si l'un des innombrables évêques qui traînaient leurs simarres dans le consistoire impérial — un Ydacius ou un Ithacius — se fût permis semblable incartade, il Teût payée cruellement cher. On la déclara admirable venant de Martin. Il avait osé, s'écrie Sulpice, ce que nul évêque ne se serait permis même à la table d'un petit sous-préfet '.

Étant donnée la nature confiante et crédule de Martin, jointe à l'idée tout à fait exorbitante qu'il se faisait du pouvoir sacerdotal, il ne faut pas douter qu'à ce moment il estima avoir acquis une pleine influence sur Maxime; par suite, et cela seul le préoccupait, il crut avoir, du même coup, assuré pour longtemps la tranquille propagande de l'ascétisme et la prépondérance paisible des « saints » en deçà et au delà les Pyrénées. Quant à ceux d'entre eux qui, peut-être, méritaient un blâme pour avoir dépassé les bornes, — on commençait à s'en occuper — il suffirait de leur infliger des châtiments disciplinaires par voie ecclésiastique^. Martin reçut l'assurance qu'il en serait ainsi; et comme, d'autre part, des satisfactions venaient de lui être données à l'égard de quelques fonctionnaires de son diocèse maltraités par la réaction politique, le cher vieil évêque regagna la Touraine le cœur content et l'esprit plein d'agréables illusions. Elles ne devaient guère tarder à être cruelle-

1 . ff /n infimorum Judicum conviviis, » (Dial. II, cf. infra^ mes notules sur les diverses catégories de juges ou de bureaucrates, ce qui était tout un.)

2. < Satis superque sufficere ut heretici judicati Ecclesiis pelUrentur. > (Cf. injra, p. ii3.)

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