‹ La chronique (volume 2)Chapitre 10 sur 205 · Une coiironne de feuillage · texte numérisé non relu

Une coiironne de feuillage

appartenissent. Semblablement le Roy pardonna aux bourgois et habitans de ladicte ville leur offense et les recevant à mercy sauf leur corps et leurs biens. Ainsi et par ceste ordonnance fut receue à mercy la ville de Compiengne, le lundi vn* jour de may. En laquelle, après que les gens dudit duc de Bourgongne furent partis aians saufconduit du Roy et du duc d'Acquitaine , ledit Roy et duc d'Acquitaine entrèrent dedens la ville, où ilz séjournèrent aucune espace de temps, et les dessusdiz Bourguignons , eulx partis de Compiengne, se retrairent ou pays d'Artois.

Ouquel temps, le conte Valeran de Saint Pol, qui encores se disoit connestable de France, chevauchant de la cite d'Amiens pour aler à Saint Pol, chey de son cheval si rudement qu'il rompit sa jambe, et pour la douleur d'icelle se fist porter en son chastel de Saint Pol. Toutefois il fut commune renommée qu'il feignoit estre ainsi blécié afin d'estre aucunement excusé d'aler au mandement du Roy, duquel par plusieurs foiz il avoit esté requis et summé , en pareil cas, du duc de Bourgongne, lesquelz il veoit en grande tribulacion l'un contre l'autre, dont moult lui desplaisoit. Et pareillement messire Jacques de Chastillon seigneur de Dompierre*, soy disant admirai de France, se tint toute celle saison en son chastel de Ramecourt * feignant estre malade de goûte, dont souvent estoit ocupé,afin d'estre excusé, ainsi que ledit connestable, de servir le Roy en son armée. Desquelz le duc de Bourgongne désiroit moult le bien et avancement.

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