‹ La chronique (volume 2)Chapitre 119 sur 205 · CHAPITRE GLXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE GLXV

Comment le conte Durset qui se tenoit à Harfleur fist une chevaulchée ou pays de Caulx , lequel fu combatu des François. Et du conte de Saroie qui fu fait duc.

En ce temps le conte Durset qui se tenoit à Harefleur, se mist sus à un certain jour, à tout bien quatre mille combatans Anglois, et ala courir devant Rouen et delà ala environner le pays de Caulx, où il fut par trois jours et y fist de très grans dommages par feu et par espée. Mais ce pendant s'assemblèrent les garnisons et nobles du pays, avecques le seigneur de Villequier, et tant qu'ilz furent bien quatre mille comme estoient les Anglois. Si se rencontrèrent assez près de Valmont, et promptement les François leur coururent sus très vaillamment, etbrief les mirent en desroy. Si en demoura sur la place bien huit cens, et les autres, avec ledit conte, se retrairent en ung jardin qui estoit environné de fortes haies d'espines, et là se tindrent le surplus du jour, que lesdiz François ne les povoient avoir, combien qu'ilz s'en meissent en peine, et quant ce vint le soir, ilz se retrahirent pour eulx rafreschir en ung village qui estoit au plus près. Mais le dessusdit conte Durset, redoubtant la journée du lendemain, se parti dudit lieu

1 . La chronique Cord. 1 6 (f. 357) rapporte les mêmes faits, presque dans les mêmes termes, et comme les dates y sont encore plus précises, on peut conjecturer que son récit est la base de celui de Monslrelet.

avecques ses gens, environ le point du jour, et se tira pour retourner à Harefleur. Laquelle départie les François sceurent assez tost, lesquelz de rechef les poursuirent, et rataindirent sur les marches à deux lieues dudit Harefleur. Si les assaillirent ainsi comme devant, mais par ce que iceulx François n'estoient pas tous ensemble, furent desconfis, et en y eut mors sur la place bien douze cens, entre lesquelz fut le principal le seigneur de Villequier et plusieurs nobles du pays avec lui.

Item, en cest an le roy d'Alemaigne, au retour de son voyage de France et d'Angleterre, passa par Lion sur le Rosne, où il volt faire de Ame de Savoie ung duc. Mais les officiers du roy de France là estans, ne lui vouldrent point souffrir, et pour ce s'en parti moult indigné, et le ala faire duc en ung petit chastel delà la rivière du Rosne qu'on appelle Moullet, qui siet en l'Empire. Et est vérité que quant il se parti de «on pays pour venir en France, il avoit tousjours tenu le parti contraire au duc de Bourgongne, par le moien et enhort de Loys duc en Bavière, frère de la roy ne de France, et autres ambaxadeurs tenans la partie d'Orléans, mais quant ledit roy des Rommains fut retourné en son pays, il eut voulenté toute contraire, et aymoit mieulx la partie de Bourgongne que celle des François.

[1447] D'ENGUÉRRAN DE MONSTRELET. 173

DE L'AN MCCCCXVn.

[Du H avril 4417 au 27 mars 4448.]

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