‹ La chronique (volume 2)Chapitre 151 sur 205 · CHAPITRE GLXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE GLXXXV

Comment le roy de France et le connestable d'une part, et la Royne et le duc de Bourgongne d'autre part, envolèrent leurs ambaxadeurs à Monstereau-Fault- Yonne pour traicter de paix ; et autres matières.

En après, le roy Charles de France et son connestable envolèrent leurs ambaxadeurs à Monstereau- Fault- Yonne , c'estassavoir l'arcevesque de Reims, les évesques de Paris et de Cleremont en Auvergne, Jehan de Harecourt, conte d'Âumarle, niessire Mansart d'Esne et messire Regnault de Mecqueque ^ chevaliers, maistre Gérard Marchet le Juge% maistre Jehan de Labbaye et autres, jusques au nombre de seize personnes notables, pour estre et converser avecques les ambaxadeurs de la Royne et du duc de Bourgongne , afin de traicter paix entre icelles parties. Et furent envolez de par ladicte Royne et ledit duc de Bourgongne, à Bray sur Somme, c'estassavoir l'arcevesque de Sens, frère à messire Charles de Savoisis, les évesques de Lengres et d'Arras, messire Jehan de la Trémoille, seigneur de Jonvelle, le seigneur de Courcelles , messire Jaques de Courtraville, Copin de la Vielzville, maistre Pierre Cohein, depuis évesque de Beauvais, Jehan Leclerc, depuis chancelier de France, Giîes de Clameci, maistre Thierry Le Boy, Jehan Le Mercier, Jaques Braulart et maistre Baude des Bordes. Lesquelz ambaxadeurs dessusdiz avoient chascun de son ad-

i . « Messire Regnault de Merquoiques. » {Suppl. fr. 93.) 2. « Le Juge Maye. » {Ibid.) ■ .

verse partie bon et seur sauf-conduit. Et eulx venus esdictes villes, c'estassavoir Monslereau et Bray, advisèrent de commun accord de convenir ensemble à certain jour nommé et en ung village nommé La Tombe, qui estoit à my-voie des deux villes. Ouquel lieu fut ordonné pour la seureté des deux parties, aiant certain nombre de gens d'armes, le seigneur de La Trémoille. Et dura ce parlement par l'espace de deux mois ou environ, souvent les deux parties aians recours devers leurs seigneurs, envoians les responses de leur adverse partie chascun endroit soy, sur espérance de mener la besongne à bonne conclusion.

Item, en ce temps fut mise l'union parmy toute l'universelle Église. Car après que pape Martin ' fut pontifié, il fist mectre hors de prison le pape Jehan *, lequel se mist du tout en sa mercy et obéissance, et ledit pape Martin le'receut à ce bénignement et le fist cardinal. Mais il mourut dedens briefz jours ensuivans.

En oultre, en ces propres jours, les bourgois et citoiens de la ville de Rouen, qui moult estoient favorables au duc de Bourgongne, mandèrent secrètement aucuns capitaines tenans son parti, lesquelz, avec foison de gens d'armes, ilz boutèrent dedens leur ville. C'estassavoir messire Guy le Bouteiller, Lagnon, bastard d'Ailli. Et quant ilz furent dedens à l'aide des citoiens, alèrent très puissamment assaillir la fortresse que tenoient les gens de France contre ladicte ville, et en ce tant continuèrent, que ceulx de dedens la ren-

-J . Martin V.

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