‹ La chronique (volume 2)Chapitre 16 sur 205 · CHAPITRE GXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXXII

Comment le roy de France, après la prinse de Soissons, se parti pour aler en Arras , et comment le conte de Nevers vint devers lui et eut son accord et pardon ; et autres matières .

Après toutes les besongnes dessusdictes , le Roy, partant de Soissons s'en ala en la ville de Laon, où il fu grandement et joyeusement receu du clergié et des bourgois et habitans de la ville. Ou quel lieu vint par saufconduit devers lui Phelippe conte de Nevers , baron de Donzy, frère germain du duc de Bourgongne, et fut logié par les fourriers du Roy en l'abbaye de Saint Martin , de l'ordre de Prémonstré. Et avoit ledit de Nevers esté adverti par ' aucuns ses féables que le Roy devoit aler ou envoier en sa conté de Réthel gens d'armes à puissance pour le saisir par force d'armes et mectre en sa main. Et pour ce, lui venu à Laon, mist toutes ses seigneuries qu'il avoit ou royaume de France en la main du Roy, requérant pardon et mercy de toutes ses offenses , promectant

1 . Cette phrase inintelligible dans notre texte , est reconstruite dans le Suppl. fr. 93.

2. Au lieu de par notre texte met que , faute qui ne se trouve pas dans Suppl. fr.9Z.

[4414] D'ENGUERRAN DE MONSTRELET. ijjr.

que dores en avant ne feroit à son frère le duc dfe Bourgongne, en ceste querelle, confort ne aide contre le Roy son souverain seigneur, en apper ne en couvert*. Laquelle chose faicte, bailla en ostaige pour acomplir et entretenir les dessusdictes promesses le seigneur de Lor et aucuns de ses autres hommes féables. Et par ainsi ledit conte de Ne vers s'en ala à Maizières sur Meuze par la licence du Roy.

En oultre, le Roy estant à Laon fist de rechef publier nouveaulx mandemens par tout son royaulme à fin d'avoir aide de ses chevaliers et autres qui avoient acousturaé de eulx armer.

Item, le x* jour de juing s'en ala le Roy en Thérace' et de là à Ribemont et puis en la ville de Saint- Quentin. Ouquel lieu vint la dame du Haynaut, seur au duc de Bourgongne % à tout deux cens chevaulx en moult noble arroy, pour traicter devers le Roy et le duc d'Acquitaine de la paix. Pour quoy, après ce qu'elle ot prins congié du Roy, se party de la ville de Saint- Quentin et s'en ala, par le duc de Bourbon et messire Charles de Labreth* conducteurs de l'arrière garde , ausquelz elle print congié , et tant chevaucha, aiant en sa compaignie quatre des chevahers du Roy pour la conduire, qu'elle trouva les Bourguignons, qui estoient environ deux mil bacinetz , venant au secours du duc de Bourgongne. Desquelz estoient capi-

1 . On peut lire dans le Religieux de Saint-Denis (t. V, 332) la teneiu' de ce traité du comte de Ne vers avec le Roi. i. La Thiérache , dont Guise était la capitale.

3. Marguerite de Bourgogne, femme de Guillaume IV, comte de Hainaut.

Page 1