‹ La chronique (volume 2)Chapitre 74 sur 205 · CHAPITRE GXLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXLV

Comment le roy de France fist grande assemblée de gens d'armes pour résister contre le roy Henri d'Angleterre. Et la copie du mandement sur ceste matière.

Item, après ce qu'il fut venu à la congnoissance du roy de France, de ses princes et de son grant conseil, que la ville de Harfleu estoit rendue en la main du roy d'Angleterre, son adversaire, doubtant que icellui roy ne voulsist de rechef faire ainsi sur les autres villes de son royaume, afin de y résister, fist mander par tous ses pays la plus grant puissance de gens d'armes qu'il peut finer. Et pour ce faire, il envoya à tous ses baillis et séneschaulx ses mandemens royaulx, contenans entre les autres choses comment paravant

1 . <c Et retournèrent lesdiz chanoynes à leur église de Saint- Géry dedens Cambray » (addition du Suppl. fr. 93).

il avoit envoie ses ambaxadeurs devers ledit roy d'Angleterre en son pays, lui offrir sa fille en mariage avecques terres et grans finances , pour venir à paix ; laquelle il n'avoit peu trouver. Mais de fait icellui roy d'Angleterre l'estoit venu envayr en son pays, et asséger ladicte ville de Harfleu et la conquerre , dont il estoit moult desplaisant, et pour ce il requéroit moult instamment à tous ses vassaulx et subgets que sans délay le voulsistent aler servir. Et mesmement manda en Picardie , par ses lectres closes, aux seigneurs de Croy, de Waurain, de Fosseux , de Crëqui, de Helchin*, de Brimeux, de Maumes^, de la Viefville, de Inchi , de Beaufort , de Noielle et de Neufville et autres nobles hommes , qu'ilz le venissent servir à tout leur puissance sur quanque ilz doubtoient à encourir son indignacion, et qu'ilz alassent devers le duc d'Acquitaine, son filz, lequel il avoit commis chef et capitaine général de tout son royaume. Lesquelz seigneurs de Picardie délaièrent de y aler , pour ce que le duc de Bourgongne leur avoit commandé par escript et à tous ses subgetz, qu'ilz feussent prestz pour aler avecques lui quant il les manderoit, et n'alassent à nul mandement de quelque autre seigneur, quel qu'il feust. Et pour ce que les dessusdiz gens d'armes ne se hastoient pas assez pour aler servir le Roy, furent de rechef pulDliez nouveaulx mandemens dont la teneur s'ensuit.

« Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Au bailli d'Amiens ou à son lieutenant, salut. Comme par

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