‹ La chroniqueChapitre 112 sur 196 · Hermaumes. » {Suppl. fr · texte numérisé non relu

Hermaumes. » {Suppl. fr

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et espies par le pays. Entre lesquelz y estoient à ceste heure Morelet de Mons , Galien , bastard d'Auxi , et aucuns autres , lesquelz furent prins desdiz Orléanois. Mais les autres eschapèrent et vindrent, quanque chevaulx les porent porter, jusques à leur ost , crians à Tarme ! et qu'ilz avoient yen les Orléanois en grande ordonnance de bataille et durement approuclians leurs logis , et que desjà avoient prins Morelet de Mons et le bastard d'Auxi et aucuns autres. Lesquelz criz oyz par le connestable et autres capitaines , firent sans délay armer leurs gens et pour mieulx en sçavoir la yéritë envoièrent le seigneur de Saint-Léger et le seigneur de Drucat, chevaliers très expers en guerre, pour adviser et aussi raporter la vérité de ceste besongne. Lesquelz ne chevauchèrent guères loing , quant ilz virent venir leursdiz adversaires ainsi et par la manière que paravant leur avoit esté raporté. Si s'en retournèrent tantost au logis et dirent au connestable ce qu'ilz avoient veu ; lequel faisoit desploier son estandart et sonner ses trompètes. Si yssi hors de son logis avec une partie de ses gens et se mist en bataille pour recevoir ses ennemis, et fist arrester le surplus. Et là, lui estant armé sur ung cheval , alant d'un lieu à l'autre , mist ses gens en bonne ordonnance , et les exhorta bénignement à bien et hardiement combatre contre les adversaires du Roy et de la couronne de France. Et adonc , par le conseil des plus sages de sa compaignie furent mis au derrière de sa bataille les charios et charètes, les chevaulx et les varlets qui les gardoient. Et à chascun costé de celle bataiille furent mis emprès les hommes d'armes , les archers et arbalestriers en manière de deux èles, tant et si loing qu'ilz se povoient

estendre. Après laquelle ordonnance ainsi faicte et qu'ilz veoient leurs ennemis venir vers eulx , furent faitz nouveaulx chevaliers, tant par ledit connestahle, comme par aucuns autres là estans, c'estassavoir, Jehan de Lucembourg, Jehan de Beausault, Rolequin, fils du vidame d'Amiens, Alart de Herbaumes, Le Brun de Sains, Raoul de Neelle, Raillart d'Escaufours, Regnault d'Azincourt et plusieurs autres. Et adonques ledit connestable se mist à pie au plus près de sa bannière, et incontinent, lesdiz Orlèanois, lesquelz pour ce temps on nommoit en commun langage Armignacs, vindrent , une partie courant à grant force tout à cheval , dedens la ville , cuidans soudainement envayr leursdiz adversaires avant qu'ilz en feussent advertis. Et quant ilz perçurent qu'ils estoient tous ensemble en ordonnance de bataille , si se rassemblèrent ensemble et en faisant grant bruit et grans criz se boutèrent tous à cheval dedens les archers et arbalestriers, et en occirenl de première venue jusques à douze ou environ. Et les autres se mirent oultre ung fossé assez avantageux, et commencèrent à tirer , tant de leurs arcs que de leurs arbalestes , assez continuellement , et tellement se y maintindrent qu'ilz grevèrent très grandement les Orlèanois et les mirent en desroy par force de traict, lequel les chevaulx ne povoient souffrir, et ruèrent jus plusieurs de leurs maistres. Et adonc le connestable fîst marcher sa bataille et aler avant pour assembler à eulz, et leur escria à haulte voix : « Cà ribaudaille , veez me cy que vous querez. Venez à moy.» Lesquelz, qui résister ne povoient, principalement pour le desroy de leurs chevaulx , qui estoient blessez si qu'ilz ne les povoient conduire , commencèrent tantost tourner le

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dos et eiilx mectre à la fuite. Et lors , les gens d'icellui connestable , tant hommes d'armes comme archers , en eslevant grans cris , commencèrent de toutes pars à férir et effondrer en eulx, et les navrer et occire cruelement. Et par espëcial, les dessusdiz archers, qui estoient légèrement armez, les poursuivirent asprement et en firent maint mourir à grant martire. Et là , en ce mesme lieu , auprès de l'assemblée avoit ung vivier dedens lequel plusieurs des ^dessusdiz [chevaulx] trébuchèrent, à toiit leurs maistres. Et lors de rechef y eut ung vaillant homme d'armes breton qui se féry dedens lesdiz archers, espérant que ses compaignons le suivissent ; mais tantost fut tiré jus de son cheval et mis à mort très cruellement. Et adonc iceilui connestabble, voiant ses ennemis estre tournez à déconfiture, fîst incontinent plusieurs de ses gens monter à cheval, et les poursuivy vigoreusement. En laquelle poursuite en furent mors et prins grant nombre , et les autres se saulvèrent en Alençon et autres lieux et fortresses de leur obéissance. En oultre, iceulx retournans de la chasse ramenèrent bien quatre vingts prisonniers de leurs adversaires devers ledit connestable. Lequel ilz trouvèrent avec ses chevaliers, où ilz faisoient grant joye pour la victoire qu'ilz avoient obtenue contre leurs ennemis. Entre lesquelz prisonniers estoit le seigneur d'Âsnières et messire Jannet de Garpchères \ filz du seigneur de Croisy, lequel estoit à ceste besongne avec ledit connestable. Et quant il vit son filz qui estoit venu contre lui, il fut esmeu de si grant ire, que se on ne l'eust tenu il eust tué sondit (ilz.

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