‹ La chroniqueChapitre 125 sur 196 · Suppl. fr. 93, Le mot est omis dans notre texte · texte numérisé non relu

Suppl. fr. 93, Le mot est omis dans notre texte

2. Gesdo? Faut-il entendre par là la guesde ou guède, plante tinctoriale, mais privée du reste de propriétés toxiques.

3. « Et aussi pour ce que ilz ne povoient bonnement passer es mares ne es gués desdiz fleuves , pour la doubte des asségiez ^ lesquelz y avoient franc aler et venir. » (Var. du Suppl, fr. 93.)

lieux leurs engins et tout ce qui à faire assault leur estoit convenable. Et la nuit proucbaine fichèrent leurs tentes et fermèrent leurs places, et y mirent grant quantité de gens d'armes. Et commença là une forte guerre entre eulx et ceulx de la ville , gectant continuellement les ungs contre les autres de trait, de canons, de bricoles * et de bonnes arbalestes , et par grant effort de lances et d'espèes se combatoient souvent. Et par espëcial , ceulx de la ville navrèrent et occirent plusieurs de leurs adversaires , de canons et arbalestes. Et souventesfois les injurioient de paroles, en les appellant : « Faulx traistres Bourguignons, vous avez icy amené le Roy et enclos en sa tente, comme non sain de propos et de pensée. » Et appelloient le duc de Bourgongne faulx homicide, en disant que se il n'eust là esté, ilz eussent ouvert leurs portes au Roy et lui eussent fait toute obéissance. Et d'autre part, au contraire leurs adversaires les appelloient : Faulx traistres, Armaignacs, rebelles contre le Roy leur seigneur souverain. Et moult d'autres injures et obprobres disoient les ungs aux autres. Mais le duc de Bourgogne, qui souvent les oioit, n'en disoit mot , ains pensoit tousjours de les grever. Et le mercredi xini® jour du mois de juing , furent trêves données entre lesdictes parties à la requesle du duc de Berry. Durant lesquelles il advint que aucuns des familiers du Roy , espris de trayson, mandèrent à ceulx de la ville : « Yssez dehors il est temps, » sachansce qu'ilz avoient à faire. Lesquelz incontinent entre une et deux heures

A. Bricoles j machines de jet, du genre de la fronde, mais d'une tout autre puissance.

après midi, le Roy estant en sa tente et aussi les ducs d'Acquitaine et de Bourgogne, qui reposoient, et aussi la plus grant partie de Tost estans desarmez comme ceulx qui de riens ne se doubtoient , yssirent de la ville par deux portes environ cinq cens hommes d'armes gens d'eslite, lesquelz prindrent leur chemin par les vignes le plus quoiement et secrètement qu'ilz porent, non voulans estre apperceuz et qu'ilz peussent venir sur ceulx de l'ost et leur courir sus, aians voulentë de prendre le Roy et son filz en leurs tentes, et occire le duc de Bourgogne. Mais ce qu'ilz doubtoient * advint. Car deux paiges au seigneur de Croy, qui lors menoient deux coursiers rafreschir , en les abeuvrant apperceurent les dessusdiz, lesquelz soudainement tirèrent leur frain et s'en coururent le plus vistement qu'ilz porent devers l'ost crians : « à l'arme ! veez cy nos ennemis qui viennent et saillent hors de la ville, » et tant que leurs voix furent oyes. Et tantost chascun sailli hors de sa tente et de son logis, et incontinent s'armèrent. Si accoururent ceulx de l'avangarde à rencontre d'eulx et tant, qu'ilz vindrent l'un contre l'autre commençans à férir de lances et de glaives. Mais les assëgez sans dëlay furent tellement oppressez de leurs adversaires, lesquelz acouroient de toutes pars en grant nombre, que plus ne porent tenir place. Et prestement en eut bien six vingts mors et quarante prins ou environ, et les autres commencèrent à fouir et à reculer. Et rentrèrent en leur ville à grant exploict, le seigneur de Gaucourt ou front devant ^ Et

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