C'est Saint-Julien d'Auxerre
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noblement aorné, sur lesquel estoit le duc d'Acquitaine en lieu de son père, acompaigné du roy de Cécile, des ducs de Bourgongne et de Bar, et de plusieurs autres grans seigneurs. Et là, en présence de tousceulx qui veoir et oyr les povoient , firent lesdiz seigneurs serement solemnel de entretenir ledit traictié : c'estassavoir les ducs de Berry, d'Orléans et de Bourbon , le conte de Vertus, Jehan filz au conte de Bar, et plusieurs autres. Et pareillement le fist le duc de Bourgongne et ceulx de sa partie. Et fut de rechef promis par iceulx seigneurs d'Orléans et de Bourgongne, d'entretenir le mariage autrefoiz pourparlé à la paix de Chartres de la fille le duc de Bourgongne et le conte de Vertus, et sur les condicions ailleurs déclairées. En après, tous les seigneurs dessusdiz renoncèrent à toutes confédéracions, aliances et convenances qu'ilz avoient avec le roy Henry d'Angleterre, adversaire du Roy, et aussi de ses filz et de tous autres Anglois , et aucuns autres de ce royaume , jà soit ce que le duc de Bourgongne affermast par son serement qu'il n'en avoit nulles. Et dévoient escripre aux Anglois sur telle forme que par le Roy et son conseil sera ad visé. Et encores jurèrent et promirent de jurer devant le Roy, ledit traictié, au plus tost qu'il sera retourné en santé , car il estoit lors bien malade, et de ce, faire telles lettres comme il plaira au Roy, et qile jamais ne feront l'un contre l'autre confédéracions ne aliances ; et se aucun d'eulx aloit ou vouloit aler contre ledit traictié ou accord, tous les autres seroient contre cellui ou ceulx qui ce feroient, afin de les subjuguer et ramener à obéissance. Auquel traictié veoir, faire et accorder, et veoir la forme des seremens et iceulx oyr, furent par
mandement du Roy aucuns de la chambre de Parlement et de la Chambre des comptes, et de l'Université de Paris, les prévostz de Paris et des marchands, et des eschevins et aucuns des bourgois , jà soit ce que ledit accord et traiclié n'eussent pas bien pour agréable. Et aussi y furent mandez et présens de par le Roy, ceuk de Rouen, de Caen, d'Amiens et de Tournay, de Laon, de Reins, de Lengres, de Tours et de plusieurs autres bonnes et principales villes du royaume, en grant nombre et en grande multitude.
Après lequel serement fait et toutes les solemnitez fournyes, les seigneurs dessusdiz alèrent disner ensemble, en grant concorde , ou logis dudit duc d'Acquitaine, lieutenant du Roy son père. Et fut icellui disner très habondant de tous biens, et après le disner alèrent jouer à divers jeux les ungs aux autres. Et après tous ces esbatemens et que la nuit fut venue, chascun d'eulx se trahy en son logis. Et lendemain et aucuns jours ensuivans se rassemblèrent par plusieurs foiz, continuans de faire grant chère et estre en grant concorde les ungs avecques les autres, comme on povoit apparcevoir par le semblant qu'ilz monstroient. Et mesmement le duc d'Orléans et le duc de Bourgongne chevauchèrent ensemble avecques les autres seigneurs, tous deux sur ung cheval ' ; et monstrèrent apparence de toute fraternité et amour que frères et parens pevent monstrer l'un à l'autre. INéantmoins aucuns envieux et mauvaises langues ne s'en taisoient pas en derrière, mais en disoient leurs goulées. Et
1 . On a déjà vu plus haut , dans le récit de la mort de Louis d'Orléans, un exemple de cet usage.
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quant au peuple, dont il y avoit grant multitude , et autres bonnes gens, il ne fault point demander s'ilz avoient grant joye , car ilz crioient souvent à haulx cris : Gloria in excelsis Deo, etc., comme s'ilz voulsissent dire : Louée soit la gloire des cieulx. Si leur sembloit proprement estre miracle de Dieu , actendu la division qui avoit este si grande entre de si grans seigneurs, laquelle estoit si tost appaisée.
Et après toutes ces besongnes acomplies, et aussi pour ce que l'épidémie si fort régnoit audit lieu d'Auxerre, le Roy, avecques ses princes, se parti de là, et par Sens ala à Meleun, où de rechefavec la Royne, ses filles et d'autres dames, fut faicte une grande feste et grant léesse pour la réconsiliacion des princes du sang royal, tant en joustes, danses, boires et mengers, comme autres esbalemens.
Et est vérité que le Roy estant audit lieu de Meleun retourna en assez bonne santé , et pour ce, ung certain jour, à la prière de la Royne et de sadicte fille, aussi, des ducs d'Acquitaine et de Bourgongne et le roy de Cécile ensemble, approuva et eut pour agréable la paix devantdicte par la manière qu'elle avoit esté faicte , et pour ce , les rebellions et les transgressions passées par eulx faictes par ses oncles, népveux et cousins , leurs aliez et complices quelconques, il remist et pardonna, et les receut en bonne pure paix et leur rendi leurs terres et possessions. Et cecy ainsi fait, lendemain de la Nativité Nostre-Dame^ furent leues les lectres en Parlement de par le Roy, comment toutes les rebellions et offenses du temps passé faictes par