‹ La chroniqueChapitre 152 sur 196 · Mieux dans le ms. Siippl. fr, 93 ; ung chevaucheur. II · texte numérisé non relu

Mieux dans le ms. Siippl. fr, 93 ; ung chevaucheur. II

fîlz d'Âcqiiitaine et lui commanda et dist qu'il alast avec ledit duc de Bourgongne devers iceulx, et de par elle lui priassent aftectueusement que jusques à huit jours tant seulement se voulsissent déporter de la prinse de son frère , et au huitiesme jour sans faillir elle leur baillera à faire leur voulenté , et sinon , au moins souffrent qu'elle le puist faire mener après eulx là où ilz le vouldront avoir prisonnier, soit au Louvre, au Palais ou ailleurs. Laquelle chose oye de sa mère, se tourna ledit d'Acquitaine ung petit arrière en une chambre de secret et là commença à pleurer. Lequel par l'exortement du duc de Bourgongne se abstint de pleurer ce qu'il peust, en torchant ses lermes, puis yssy et vint à eulx. Et là , ledit duc de Bourgongne leur exposa la requeste de la Royne en brief. Lesquelz du tout la refusans , dirent et affermèrent qu ilz monteroient en la chambre de la Royne , et en la présence du Roy les prendroient et emmeneroient prisonniers se on ne leur bailloit prestement. Et quant lesdiz ducs oyrent ceste response, ilz retournèrent devers la Royne et lui dirent ce qu'ilz avoient trouvé. Adonc, le frère de la Royne qui ne povoit eschaper de leurs mains , lui plein d'amertume et de tristesse *, descendi à eulx , et leur pria et dist qu'il feust tout seul mis en garde , et que s'il estoit trouvé coulpable il feust puny sans miséricorde , et sinon qu'il feust délivré sans longue demeure , et qu'il s'en peust retourner en Bavière sans plus revenir en France. Et les autres descendirent après et aussi firent les dames et les damoiselles. Mais ce ne fut pas sans grans pleurs et sans grant effusion

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