Henri de Marie
2, « Et maistre Jehan Jovenel, quy estoit en parlement advocat du Roy, fu faiz chancellier de monseigneur d'Acquitaine. » (Suppl. fr. 93, fol. 181, col. 2.)
Et de fait se parti ^ et s'en ala passer en grant doubte parmy le bois de Bondis , et sans arrester chevaucha jusques au Pont-Saincte-Maxence, à petite compaignie , et là jut celle nuit. Et lendemain, très malin, le vint quérir le seigneur de Ronq, à tout deux cens combatans , et de là chevaucha en assez briefz jours jusques à Lisle en Flandres*. Et lors que son partement fut sceu, commencèrent les Parisiens, et autres de la partie d'Orléans , fort à murmurer contre lui ,
1. Le 23 août. Voy. le Religieux de Saint-Denis (t. V, p. 149).
2. Voici comment la chronique manuscrite déjà citée raconte le brusque départ du duc de Bourgogne : « Quant le duc de Bourgoigne apperchut la manière de ceulx de Paris , lesquelz aloient partout quérir et prendre ses gens, il se doubla moult. Car il se trouva tout seul parce que ses gens s'esconssoient et fuy oient que mieulx que mieulx, et se partirent les pluiseurs de Paris en moult petit estât descouvenement et hastivement. Et ce nonobstant s'en ala ledit de Bourgoigne devers le Roy et lui requist que le seigneur de La Viesville et plusieurs autres de ses gens, prisonniers comme dit est, luy fussent renduz , actendu que ilz ne avoient mesfait ne mesdit à personne. Laquelle requeste le Roy lui accorda voientiers , et commanda très expressément que toutes sesdictes gens lui fussent rendus et délivrés. Et ainsi fu fait. Et après che , mena, ledit de Bourgoigne, çachier le Roy en la forest de Bondis. En laquelle forest il prinst de luy congié moult humblement et de cuer courouchié. Car il veoit bien que il n'estoit point bon de luy retourner à Paris. Et le Roy fu moult dolent de se départie, et luy demanda où il voloit aller. Et le duc lui respondi que il cstoit mandé de ses gens pour retourner hastivement en son pais pour aucuns grans afaires qui y estoient sourvenus, et que au plaisir de Dieu , il retourneroit briefment pardevers luy. Et à tant , se parly le duc de Bourgoigne du Roy, à bien petit estât. Mais il estoit bien montez. Se chevauça fort et hastivement tant que il vint en son pais d'Artoix. Et sur le chemin, trova beaucop de ses gens, qui s'en estoient fuys de la ville de Paris comme dit est. » {Cord. 1 6, fol. 346 verso.)
disans qu'il s'en estoit fuy pour double qu'il ne feust arresté , comme dit est dessus. Et adoncques ceulx qui estoient demeurez dedens Paris tenans son parti, furent en grant souspeçon. Car cliascun jour en prenoit-on aucuns dont on faisoit justice assez hastive. Et mesmement furent exécutez les deux nepveux Jehan Caboche, après qu ilz eurent esté traynez parmy Paris grant espace. Et pareillement le fut l'oste de rUis de fer de Paris, nommé Jehan de Troies', cousin germain à messire Jehan de froies, cirurgien, dont dessus est faicte mencion. Et quant est à la Roy ne, les ducs d' Acquitaine , de Berry, de Bar et de Bavière, ilz furent assez joieux du département du duc de Bourgongne. Et aussi furent plusieurs autres seigneurs, et en assez briefz jours se tournèrent du tout contre lui et les siens, tant de fait comme de paroles.
Et en après , le roy de Cécile , les ducs de Bourbon et d'Orléans, les contes d'Alençon , de Vertus, d'Eu, de Vaudémont et de Dampmartin , l'arcevesque de Sens , frère Jaques le Grant et le Borgne Foucault , tous ensemble vindrent à Paris ^ à grant compaignie de gens d'armes en très noble ordonnance. A rencontre desquelz yssirent les ducs de Berry et de Bavière , l'évesque de Paris et autres plusieurs prélatz et bourgois. Si s'entrefirent grant joye les ungs aux autres^ et alèrent tout à cheval jusques au Palais, où estoient le Roy, la Roy ne et le duc d'Acquitaine, qui les reçeurent bien notablement, et soupèrenl là tous les seigneurs, et puis s'en alèrent loger en leurs hostelz par la
1 , « Qui avoit esté bien extrême es maux qui s'estoient faits au temps passé. » (Juv.,p. 264.)
2. Le Religieux de Saint-Denis dit que ce fut le dernier août.
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ville. Et lendemain vint audit lieu de Paris messire Charles d'Albreth , auquel prestement fut rendu son office de connestable. Et le viii* jour de septembre ensuivant, à l'instance et faveur desdiz seigneurs, le Roy fist en la chambre de parlement en son lieu acoustumé , et là fist et constitua par son grant conseil un édict, lequel il ordonna estre prononcé et publié par tout son royaume ; lequel je passe à cause de briefté ^ pour tant qu'il ensuit avecques les autres cydevant déclairez, et est en confondant et contempnant les prinses et les emprisonnemens dessusdiz, c'estassavoir des ducs de Bar et de Bavière et des officiers du Roy et du duc d'Acquitaine et les autres dessusdiz. Et contient aussi la descharge des ducs de Berry et d'Orléans et les autres princes du sang royal de la partie d'Orléans. Et comme dessus est dit, je le délaisse pour la prolixité desdictes lectres , et vieng à la matière ensuivant.