‹ La chroniqueChapitre 172 sur 196 · Lis. Les Le Gois · texte numérisé non relu

Lis. Les Le Gois

3. C'est ce que dit aussi la chronique déjà citée : « Par celle esmutacion, se party de Paris maistre Witasse de Laistre, chancellier de France , Jehan et Guillaume Legoys , frères , Garnot de Saint- Yon et deux frères qu'il avoit, Denisot de Chaumont et plusieurs aultres bourgois et marchans de Paris qui avoient tenu le party de Bourgoigne. Et retournèrent en Artoix après iceluy duc , et furent les aucuns retenus de hostel et mis en divers offices. » {Cord. 16, fol. 347.)

duc n'avoit point conseil de ses principaulx conseillers de y aller par telle manière.

Ouquel temps s'esmeut dissencion entre les ducs d'Orléans et de Bretaigne pour savoir lequel devoit aler devant en toutes honneurs , et tant que ce vint à la congnoissance du Roy, lequel juga pour le duc d'Orléans. Et pour ce, ledit duc de Bretaigne se parti de Paris par mal talent , et devant son parlement eut paroles avecques son serourgele duc d'Alençon*, et lui dist , ledit duc , qu'il avoit oucuer ung lion aussi grant qu'un enfant d'un an. Dont icellui fut mal content, et par ainsi demourèrent en hayne l'un contre l'autre.

En ces jours le Borgne de La Heuze fut par le Roy desmis de la prévosté de Paris , et en son lieu y fut constitué maistre Audry Marchant, advocat en parlement', et Pierre Gencien fut fait prévost des marchans. Et adonc furent licenciez de l'ostel du Roy par le duc d'Acquitaine, le grant maistre d'ostel, c'estassavoir messire Guischard Daulphin, le seigneur de Rambures , maistre des arbalestriers de France, et messire Anthoine de Craon , et leur fut dit qu'ilz ne retournassent point se le Roy ne les mandoit. Et pareillement furent boutez hors de la ville de Paris bien trois cens, que hommes que femmes, pour ce qu'ils estoient favorables au duc de Bourgongne. Et le conte de

1 . Jean IV ou l" dit Le Sage , comte du Perche et duc d' Alençon , avait épousé Marie de Bretagne , sœur de Jean VI, duc de Bretagne.

2. « Item le 25" jour de septembre 1413 , démistrent le Borgne de La Heuse de la prévoslé de Paris , et firent prévost de Paris ung de leur bande, nommé André Marchant. » (Journal d'un Bourgeois de Paris , p. 19.)

Vendosme * fut fait grant maistre d'ostel du Roy, et le seigneur de Hangest , maistre des arbalestriers ; et plusieurs autres furent restituez en leurs offices.

En ce temps, les Bourguignons, environ seize cens chevaulx , mandez par le duc de Bourgongne vinrent par Champaigne ou pays de Cambrésis et de là en Artois. Lequel duc estoit à Lisle, avecques lui le conte de Saint- Pol , qui se conseilla audit duc, savoir s'il rendroit l'espée de la connestablie de France, ou non. Mais il lui conseilla du tout qu'il ne la rendeist point, et que sur ce il lui aideroit de tout son povoir et le soustenroit. Et cela lui promist il sans faillir. Si envoya de rechef, ledit conte, le vidame d'Amiens à Paris pour ceste cause, devers le Roy et son grant conseil.

Le Roy fist en ces jours un nouvel ëdict afin que nul de son royaume , de quelque estât qu'il feust, ne se meist sus en armes. Dont je me tais à cause de briefté *.

1 . Louis de Bourbon, second fils de Jean de Bourbon, comte de La Marche, et de Catherine de Vendôme.

2. Ces lettres, qui se trouvent dans XeSuppl.fr. 93, sont datées de Bois de Vincennes, 'i3 octobre , et du 22 , dans le Recueil des Ordonn. où elles sont imprimées, tr X, p. 180.

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