‹ La chroniqueChapitre 177 sur 196 · CHAPITRE GXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXIV

Comment le duc Jehan de Bonrgongne tint an grant conseil en la ville d'Amiens. Et la prinse de messire Jehan de Croy ei d'autres chevaliers et escuiers. Et plusieurs autres grans besongnes.

En après, en ce mesme temps, le duc Jehan de Bourgongne tint en la ville d'Amiens un grant et destroit conseil pour plusieurs ses afaires, ouquel estoient avecques lui son frère de Brabant et ses deux serourges, c'estassavoir le duc Guillaume de Haynau et Jehan de Bavière , évesque de Liège ^, les contes de Saint-Pol et de Clèves, avec plusieurs autres notables seigneurs. Et là les avoit assemblez, principalment pour savoir quel aide il auroit d'eulx se guerre lui sourdoit de la partie de France. Si lui promirent tous de le servir à rencontre de tous ses adversaires, réservé la personne du Roy et ses enfans. Lequel conseil fine, ledit duc de Bourgongne retourna en son pays de Flandres et les autres seigneurs es lieux dont ilz estoient venus.

i . C'est ici que se rétablit la concordance entre notre manuscrit et le Suppl. fr. 93 suivi par les imprimés.

2. Ses deux beaux- frères. Guillaume IV, duc de Bavière et comte de Hainaut, avait épousé Marguerite de Bourgogne , sœur du duc Jean sans Peur, et celui-ci avait épousé Marguerite de Bavière, sœur de Guillaume de Hainaut et de Jean de Bavière,

Et le jour de la Circonsicion Nostre Seigneur \ vint à Saint-Pol en Ternois devers le conte Walerant un sergent d'armes , lequel lui présenta lectres contenant que le Roy lui mandoit et défendoit sur grans peines, qu'il ne s'armast ou feist assemblée de gens d'armes nullement , pour accompaigner le duc de Bourgongne ne autre de son royaume , sans son exprès commandement, et que après la récepcion desdictes lectres il baillast ses lectres de récépissé comment il avoit reçeu ledit mandement royal. Ce que fist ledit conte.

En ce temps le duc d'Acquitaine , à tout son estât , demouroit à Paris ou cliastel du Louvre , et la duchesse d'Acquitaine, sa femme, demouroit à Saint-Pol. Advint que le mercredi xii* jour de janvier, ladicte Royne, qui adonc estoit venue oudit chastel du Louvre pour veoir son filz, aiant ladicte duchesse d'Acquitaine, sa belle fille, en sa compaignie, ladicte Royne , paravant conseillée aux ducs de Berry, d'Anjou, d'Orléans et autres princes du sang royal, fist prendre quatre des chevaliers et plusieurs escuiers et autres serviteurs de sondit filz d'Acquitaine et les fist mener hors du Louvre. Dont ledit duc fut moult rempli de courroux et grant fureur, et tant qu'il voult yssir dehors pour esmouvoir le peuple de Paris en son aide, pour défendre et rescourre lesdiz prisonniers. Mais iceulx princes ses parens ne le laissèrent point yssir. Et la Royne sa mère, tant comme elle peut, le rapaisa et abaissa son yre. Et puis s'en ala à Saint-Pol où estoit le Roy, et laissa avecques son filz les princes dessusdiz , qui par belles et doulces paroles le rapai-

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