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CHAPITRE LIX

Comment le roy Charles de France tint estât royal, devant lequel furent proposées plusieurs choses touchans le fait , le régime et réformacion de son royaume. — Et autres matières *.

Item, en ensuivant les besongnes cy-dessus touchées , le Roy avecques la Royne sa compaigne et le duc d'Acquitaine leur filz, après qu'il eut tenu plusieurs consaulx sur les afaires et régime de son royaume, fist à ung certain jour ordonner en la sale un siège royal de grande magnificence , et là , par lui mandez et appeliez, plusieurs grans seigneurs, prélas, clergiez et autres populaires qui là furent assemblez, le Roy, en habit royal , se sist oudit siège. Et au plus près de lui estoient le roy de Navarre et le cardinal de Bar, et à l'autre costé estoient son filz le duc d'Acquitaine et le duc de Berry, avecques les autres ducs et contes , tous séans par ordonnance es autres sièges. Et pareillement les prélas, le clergié et la chevalerie, avec grant multitude d'autres gens , estoient chascun séant selon son estât. Et là fu dit et remonstré par la bouche du conte de Tancarville , de belle et notable faconde, par le commandement du Roy, à clère et haulte voix : comment Richard , naguères roy d'Angleterre, gendre du Roy, fut occis frauduleusement par Henry de Lenclastre soy disant roy d'Angleterre , et par les siens et

1409, le roi déclare qu'il n'entend rien changer à l'état de la maison de la Reine, bien qu'elle n'ait plus le gouvernement de son fils.

4. Pour cet important chapitre, on peut conférer le Religieux de Saint-Denis, Chr. de Ch. FI, t. IV, p. 282.

[1409] D'ENGLERRAN DE MONSTRELET. »5

favorisans, en temps de trêves données , tant par ledit Henri , lors conte d'Erbi \ comme par autres gens anglois de la lignée du roy Richard , souffisamment approuvées.

Item , fut dit aussi comment le jeune roy d'Escoce , qui lors venoit en France et lequel estoit alié au Roy, fut prins par les Anglois en temps de trêves à lui baillées par ledit Henry, où il fut long temps prisonnier. Et aussi furent plusieurs Escoçois en la compaignie du prince de Gales , c'estassavoir Yvain Grander ', acompaignez de ses Galois, aussi aliez au Roy, non obstant lesdictes trêves plusieurs foiz furent traveillez desdiz Anglois par guerre , et tant , que Fainsné filz dudit prince, semblablement fut prins et emmené en Angleterre devers et en la garde dudit Henry, où il fut détenu longuement. Ces choses ainsi faictes, ledit proposant ainsi concluant dist : qu'il sembloit au Roy et lui apparoit , tout ce veu et considéré , quUl povoit justement et loyaument porter guerre au dessusdit Henry de Lenclastre et faire contrariété à lui et à ses Anglois, sans lui plus donner ne prendre aucun respit , ne différer. Non ôbslant ce , dist le proposant , que le Roy, quelque chose qu'il feist , il le vouloit faire pour l'utilité de la chose publique de son royaume , et selon ce qu'il lui loisoit à faire. Pour quoy, chascun là estant mandé de par le Roy, de quelque estât qu'il soit , mande et pense et ad vise en lui mesmes ce qui sera bon à faire, et puis le révèle au Roy ou à son conseil, ou à l'un d'eulx. Et toute la meilleure voye et plus

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