‹ La chroniqueChapitre 61 sur 196 · CHAPITRE LXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIX

Comment le duc d'Orléans envoia ses ambaxadeurs devers le Roy et lui escripvi ses lectres , lesquelles grandement chargoient le duc de Bourgongne et ceulx de sa partie.

Au commencement de cest an , le duc d'Orléans , non content de ce que les gouverneurs du Roy, c'estassavoir ceulx qui y estoient de par le duc de Bourgongne, avoient plus grande audience que les autres, et avecques ce , que cbascun jour en déboutoit et eslongnoit dudit gouvernement et de leurs offices ceulx qui avoient eslé à son feu père et qui estoient à lui , envoia devers le Roy ses ambaxadeurs , et lui fist remonstrer les besongnes dessusdictes , et aussi , requerre que les bomicides qui avoient murdri sondit père feussent punis selon les traictiez paravant passez ; lesquels bomicides se tenoient cbascun jour ou royaume. Ausquelz ambaxadeurs fut respondu et promis de par le Roy et son conseil , qu'on pourvoieroit à tout , ainsi qu'il appartiendroit. Et après leur département le Roy envoya à Bourges devers le duc de Berry , son oncle , et lui fist requerre bien acertes , que pour le bien de son royaume il se voulsist entre mectre d'entretenir en paix ses deux nepveux, c'estassavoir les ducs d'Orléans et de Bourgongne ; laquelle cbose il promist faire. Et pour y besongner envoia

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l'arcevesque de Bourges ^ à Paris , instruit de par ledit duc de ce qu'il avoit à remonstrer et qui estoit à faire touchant ceste matière. Et tantost après, fut ledit chancelier ^ envoyé avecques le mareschal Bouciquault et aucuns autres , devers ledit duc de Bourgongne , qui estoit à Saint-Omer. Lequel , après qu'il eut oy les poins et les articles de ladicte ambaxade, fist response qu'à lui ne tenoit pas , ne tenroit , que tous les traictiez paravant passez ne feussenl entretenus, et que du tout il vouloit obéir au Roy; et de ce firent leur rapport. Et pour ce que , selon la voulenté du duc d'Orléans et de son conseil, on ne procédoit point assez asprement contre lesdiz homicides , et aussi pour plusieurs autres choses , rescripvi ses lectres , signées de sa main, devers le Roy. Desquelles la teneur s'ensuit :

(f Mon trèsredoubté seigneur, humble recommandacion prémise. Naguères, mon trèsredoubté seigneur, vindrent à moy deux de vos conseillers, c'estassavoir messire Colart de Charleville, chevalier, et maistre Simon de Nanterre , président en vostre parlement , lesquelz il vous a pieu à moy envoler pour moy exposer et signifier aucune chose de vostre voulenté et bon plaisir, si comme ilz me ont affermé , et ce me ont-ilz bien sagement et discrètement déclairé es termes de leur légacion , sur trois poins : Premièrement , requirent et prièrent à moy de par vous , qui me povez et devez commander comme a vostre humble et loyal subject et serviteur, que je me submecte du discort

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