‹ La chroniqueChapitre 68 sur 196 · Lis. Jehan de Garencières · texte numérisé non relu

Lis. Jehan de Garencières

Caen eust esté remis et restitué , néantmoins , en venant directement contre ladicte ordonnance , ledit de Bourgongne le fist depuis déposer dudit office et ledit office impétra pour lui mesme, ou contempt et en la haine dudit Carencières , et de fait ledit office ocupa , tient et ocupe. Par quoy il appert clèrement que par plusieurs et diverses manières ledit traistre a rompu et violé ledit appoinctement. Et jà soit ce, trèsredoubté et souverain seigneur, que par nostre trèsredoubtée dame et mère, qui Dieu pardoint, feussent faictes les diligences devant dictes à ce que justice lui feust administrée dudit mauvais et dampnable homicide , et que jà près de quatre ans sont passez que le cas advint, toutesfois sans ce que , elle ne nous, peussions obtenir une seule provision de justice en ensuivant les voies acceptées , je Charles , naguères suppliay à vous très humblement qu'il vous pleust à moy octroier vos lectres entérinées de justice contre les consentans et complices dudit homicide , c'estassavoir voz lectres à tous voz justiciers adréçans , que ceulx qui par informacion deue trouveroient chargez et coulpables des choses dessusdictes preinssent et emprisonnassent et feissent telle raison et justice comme au cas appartiendroit. Et ce n'estoit fors que pour exciter et resveiller justice , car de son office, sans ma requeste ne autre quelconques, elle doit ce faire et à ce faire elle est obligée. Et ne croy point qu'il soit homme en vostre royaume , de quelque estât ou condicion qu'il soit , tant soit povre ne de bas estât, auquel en vostre chancellerie lui feussent refusées en pareil , ne en mendre cas. Trop bien sçay que on ne lui devroit point refuser. Et toutesfoiz , pour quelque diligence que je ave

peu ne sceu faire, lesdictes lectres de justice n'ay peu obtenir. Et tieng que c'est pour ce que aucuns sont en vostre conseil, qui des choses devant dictes se sentent chargez, et pour ce ne conseilleront ilz point l'exaulcement ne l'acomplissement de madicte suppUcacion et requeste. Pour quoy, trèsredoubté et souverain seigneur, naguères je vous suppliay tant comme je peuz, que pour le bien de vous et de vostre royaume vous pleust rappeller et mectre hors de vous et de voz offices certaines personnes, lesquelles par mes lectres je vous nommay et déclaray, qui notoirement empeschent le bien de justice, le bon régime de vous, et la paix commune de vostre royaume , et empescheront tant qu'ilz seront entour de vous. Et ce fait , j'estoie prest pour l'amour et révérence de Dieu premièrement, et après de vous, et aussi pour le bien de vostre royaume, sur les choses naguères par vous dictes par voz ambaxadeurs, lesquelz il vous a pieu moy envoier, à vous donner et faire telle response et descouvrir aussi tellement et si clèrement mes intencions et propos , que Dieu , vous et tout le monde par raison devriés estre contens. De quoy, tant de la response précédente comme de semblable cause, je ne peuz quelque chose obtenir. Nous vous supplions trèsredoubté et souverain seigneur, tant comme nous povons humblement, que actendu les choses devant dictes et considérées, c'estassavoir Ténormité dudit homicide, lequel ne peut estre trop détesté, ne la cruaulté d'icellui trop diiïamée , tant de droit comme de fait, par la confession de partie qui notoirement l'a confessé tant en jugement, devant nostre trèsredoubté seigneur monseigneur le duc d'Acquitaine vostre ainsné filz, et Il 10

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