‹ La chroniqueChapitre 80 sur 196 · Veuglaire (var. du ms. 8345), pièce de canon · texte numérisé non relu

Veuglaire (var. du ms. 8345), pièce de canon

2. a Messire Guillaume Baldoc, lieutenant de Callais. » {Suppl. fr. 93.)

que ce feussent grandes bonnes villes. Et pour vray, quant tout fut assemblé en ung seul ost, ilz se trouvèrent de cinquante à soixante mille hommes , à compter lesdictes communes, sans les varlets et pages, dont il y avoit sans nombre. Et retentissoit tous le pays du bruit qu'ilz faisoient. Et quant aux dessusdiz Flamens , il leur sembloit que nulles bonnes villes , ne fortresses, ne se tenroient contre eulx. Et avoit convenu que ledit duc de Bourgongne , à leur département, leur eust habandonné tout ce qu'ilz pourroient conquerre. Et quant ilz aloient de logis à autre , ilz estoient communément tous armez de plein harnois, à pie, tous en ordre par compaignies selon les bonnes villes et usages de leur pays de Flandres. Et mesmement, jà soit ce qu'ilz alassent de pié comme dit est, toutesfoiz il y en avoit grant partie armez de harnois de jambes. Et quant est à leur gouvernement en passant le pays , tout ce qu'ilz povoient actaindre estoit par eulx prins et ravy, et mis sur leur charroy, puis que c'estoient choses portatives. Et avecques ce, pour la grant multitude de peuple qu'ilz estoient , estoient tant orguilleux qu'ilz ne faisoient compte de nuls nobles hommes, de quelque estât qu'il feust. Et quant ce venoit au loger ou à prendre vivres , ilz chassoient hors les autres gens de guerre, moult souvent trop rudement , et par espécial ceulx qui n'estoient pas de leur pays, et avec ce leur toloient tout ce qu'ilz avoient pourveu de vivres et autres besongnes ; pour quoy souvent s'esmouvoient de grans débas et butins entre les parties , et par espécial entre les Picars et eulx, lesquelz ne souffroient point bien paciemment leurs rudesses. Et avoit, le duc de Bourgongne et au-

cuns de ses capitaines , assez à besongiier pour les tenir en paix et concorde l'un avecques l'autre.

En oultre, quant ledit duc de Bourgongne eut par aucuns jours actendu ses gens audit lieu de Marquion, comme dit est , et qu'ilz furent assemblez , il se partit de là, à grant triumphe et appareil, et ala loger sur la rivière de l'Escault, emprès une ville nommée Marcoing. Et lendemain au matin , partant de là , vint loger à Moucy la Gasche * ; auquel lieu il y eut ung Flameng pendu pour ce qu'il avoit desrobé ung calice dedens une église, avec autres biens. Et de là , se tira à Hem sur Somme ^, où estoient ses adversaires. Et en approchant de la ville d'Athies , appartenant au conte de Dampmartin, qui estoit à lui contraire, furent ceulx de dedens si esbahis, que tantost, à tout les clefz de leur ville, vindrent à l'encontre dudit duc, auquel eulx, leur ville et leurs clefz lui présentèrent, par convenant qu'il les garderoit de dommage. Lequel duc, pour ce que de leur gré s' estoient venus humilier et rendre à lui, leur octroya libéralement leur requeste, et leur bailla provision de ses gens pour les garder qu'on ne leur feist aucune vilenie. Si chevaucha oultre, à tout son ost , jusques assez près de ladicte ville de Hem %

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