‹ La chronologie biblique fixée par les Éclipses des inscriptions cunéiformes et en conformité avec les textes de la BibleChapitre 7 sur 9 · I. Le fil» de Tabe · texte numérisé non relu

I. Le fil» de Tabe

Dans la prophétie d'Isaïe, au vu* chapitre, on lit les versets suivants :

1. Et ce fut dans les temps d’Achaz, flls de Jotham, fils d’Ozia, roi de Juda, que lias in, roi d’Aram (Syrie), et Pékah, fils de Remalia, roi d’Israël, montèrent vers Jérusalem pour y porter la guerre, et Ils ne purent la combattre.

3. Et on annonça à la maison de David ainsi : Aram s’est tourné vers Éphraïm, et son cœur est agité, et le cœur de son peuple, comme les arbres de la forêt, sont agités par le vent.

3. Et Dieu dit à Isaïe : Sors i l’encontre d’Achaz toi et ee qui te reste, ton fils Jasub, à l’extrémité de l’aqueduc de la piscine supérieure, dans la voie du champ du foulon.

4. Et tu lui diras : Prends garde et tais-tol, ne crains rien, et que ton cœur ne s’émeuve pas au sujet de ces deux queues de tisons fumants, par la colère ardente de Rasin, et d’Aram, et du fils de Remalia.

5. Car Aram nourrit contre toi des desseins ennemis, ainsi qu’Ëphraim et la fils de Remalia, et ils se disent :

6. Allons vers Juda, et excitons-la, et attirons-Ia vers nous, et établissons roi le file de Tabeël.

7. Mais ainsi dit le Dieu éternel : Cela n’aura pas d’effet et ne sera pas.

8. Car la tète d’Aram est Damas, et la tète de Damas est Rasin, et de nouveau, après 65 ans, Éphraïm disparaîtra des peuples. 1

9. Et la tète d’Éphraïm est Samarie, et la tête de Samarie est le Dis de Remalia. Si vous ne croyez pas, vous ne serez pas préservés.

Le fils de Remalia est Pékah, mais qui est le fils de Tabeël ?

Le passage qui précède a trait à la guerre de Pékah et de Pasin de Damas, contre le roi Achaz de Juda. C’est à la suite de cette invasion que le roi de Juda s'adressa à Teglathphalasar, roi d’Assyrie, qui transplanta en Assyrie la partie nord du royaume d'Israël *.

■ Un jeu de mots intraduisible : fm lo taaminu, ki lo tiaménu.

* Comparez II Roit, c. xv ctxvtil; Chron. h, 38.

30 LA CHRONOI.OCIB BIBLIQUE FIXÉE

Los textes cunéiformes existant de Tégtalhphulasar mentionnent les rois Ménachem II, Pékah et Osée d’Israël, ainsi iju ’Achaz d’Israël. Ce dernier est nommé Jauhazi ‘, ce tjui suppose la forme pleine du nom, à savoir Joachaz; tel fut probablement le véritable nom du roi de Juda, identique à celui que portent plusieurs personnages bibliques, entre autres un roi d'Israël, fils de Jéhu.

Rasin de Damas figure également dans ces textes originaux, tantôt comme tributaire, tantôt comme ennemi de Téglalhphalasar; une inscription, aujourd’hui perdue, et dont sir Henry Kawlinson a seul pu recueillir les données, mentionnait même la mort du roi de Syrie par ordre du monarque assyrien, en parfaite conformité avec les assertions de la Bible a .

Achaz, fils de Jotham, un roi impie, monte sur le trône après la mort de Jotham 742 (9259). Bientôt après son avènement, Pékah d’Israël disparut momentanément de la scène politique, et fut remplacé, pendant 9 ans, par Ménachem II. Mais, après la fin du règne de Ménachem, Pékah attaqua le roi de Juda en 734 (9267) et massacra, en une seule journée, 120,000 Juifs, et parmi eux Maaseia, le fils du roi. Achaz envoya des messagers au roi d’Assyrie, qui sauva le royaume de Juda, en tuant Rasin cl en mettant Pékah dans l’impossibilité d’attaquer Jérusalem. Plus tard, selon les sources assyriennes, ce fut le roi de Ninive qui suscita contre Pékah la révolte A’ Osée, à laquelle il succomba après un règne effectif de 20 ans (de 759 à 74‘2 et de 734 à 730).

Rasin et Pékah avaient eu la pensée, ainsi que nous l’apprend le texte d'Isaïe, de mettre à la place d’Achaz sur le trône de David un prétendant que le prophète se contente de désigner par le nom de son père, le fils de Tabeël. De même, le texte poétique du prophète appelle Pékah le fils de Remalia.

Quel était le nom de ce personnage assez connu, assez fameux, pour qu’Isaïe pût se contenter de l’appeler fils de Tabeël ? Les textes bibliques n’en avaient pas conservé le nom, mais les inscriptions coniemporainesdeTéglathphalasar

1 II British Muséum, pl. 67, 1. Ct.

’ II Rois, xv», 9.

PAR LES ÉCLIPSES DBS INSCRIPTIONS Cl/RÉUORHES. 31

nous l’apprennent; il s’appelait Asria, en hébreu Asriyahu ou Asriyahu VTTfrx ou îrndx. Les textes cunéiformes le nomment Asriyau ou Asriyau, et ces deux formes correspondent à la double prononciation qui était admissible en hébreu, Asriyahou ou Aschriyahou.

Le nom ne se trouve pas par hasard dans la Bible sous celte forme, mais il est composé selon les règles de l’onomastique de l’hébreu; il a dû exister. Sa signification est : a mon salut* 5 ^ «t Dim, » et il a pour pendant un nom véritablement conservé dans les Saintes Ecritures, celui A’Asriël, fils de Manassé, fils de Joseph *, qui a la même signification*.

Les textes du roi assyrien sont frustes, et il est très difficile de déduire le véritable rôle de ce Juif i4grta. Mais nous pouvons assurer qu’il n’a jamais régné à Jérusalem, et qu’il s’ètait fait un grand renom en dehors des frontières des deux tribus du royaume de Juda. ^

Ainsi le voyons-nous déjà dans la 5* année du roi assyrien, en 739 (9262),* parmi les ennemis de celui-ci, et même nous pouvons le regarder comme le chef du mouvement qui souleva Hamath et le nord de la Syrie contre le monarque de Ninive. Il est probable que, quoique Juif, il usurpa pendant quelque temps le trône d’une des villes soulevées, probablement celui de Hamath, après avoir chassé le roi légitime dont le nom Eniël est fourni par les textes assyriens. Il fut défait par Téglalhphalasar vers 737 (9264), et semble s’être réfugié à Damas, et y avoir demeuré jusqu’en 734 (9267), où Pêkah et Rasin le choisirent pour drapeau et pour prétexte de leur

1 1 Vum. xxvi, SI *?X v TtoN ; J Chron. vu, 14 Vx’TtfX.

’ Les mots *7X, el, et ST yahu, on îT y ah, Dieu entre dans la composition de beaucoup de noms propres. Ainsi nous connaissons Abiel et Âhia, Eliel et Elia, Vriël et Uria, lchaxicl et lchaxia, Ilananeël et Hanania, Exer.hi'èl et F.icchia, Jexicl et Texia, Ismaël et Ismaia, tfalchiël et Malchia. Nathaneêl et Nathania, A zareël et Asaria, Michaël et Michaïa, et beaucoup d’autres. Souvent l’une des formations seule se trouve mentionnée, parc* que par hasard, les hommes qui portaient l'autre n’avaient pas assez d’importance pour sortir de la fouie ; ainsi nous ne lisons plus dans la Bible les noms rie Damo, jtiria, Gamalia, Gabria, Ilannia d’une part, et d’autre, ceux de Zacharcl, Tobid, Achaxël, Amasël et ils ont pourtant dû exister. Tel a été le cas de notre nom Asria, Asriyahu

3! LA CHRONOLOGIE BIBLIQUE FilÈB

guerre coulre Acliaz «le Juda. Tout porte à croire cju'il était de la race royale de David, et qu’il avait cherché en vain à fomenter la révolte contre le fils et successeur de Jotham; il paraît qu’il avait réussi à s’échapper et à éluder par sa fuite la vengeance d’Achaz. Ainsi Jéroboam avait pu se soustraire à la colère de Salomon par une retraite rapide en Egypte. Après l’éloignement momentané de Pékah, vers 742 (9259), il avait dû éviter la ville du confédéré d’Achaz, Ménachem II, qui figure, avec Rasin, vers 730 (9265), comme l’un des tributaires du roi assyrien. Ce n’est qu’après la révolte de Rasin et le second avènement de Pékah qu’Asrt'a a pu être choisi comme un prétendant sérieux à la couronne de leur adversaire commun.

Le nom du père d’Asria, Vton, Tabeël ou Tabeal (comme le nomment les Massorètes, parce que le nom se trouve in pausi), ne figure pas dans les textes, mais l’identité du fils de Tabeël avec Asria nous paraît hors de doute. Nous trouvons un noinqui semble êlre le même que celui que les Massorètes ponctuèrent Tabeël, il se lit llibiel dans les textes, et paraît être le même nom btaîD’, seulement précédé du > *. Cet Ilibiel fut délégué par le roi de Ninive pour veiller sur les populations lointaines du désert arabique, telles que les tribus de Tima, de Hayapâ, de Batan. Il a pu êlre le fils d’ Asria, et en chargeant d’une mission pareille le fils d’un chef ennemi, le roi d’Assyrie n’aurait fait que se conformer à une mesure politique dont nous trouvons beaucoup d’exemples dans l’histoire des rois de Ninive.

Quoi qu’il en soit de celle hypothèse que jusqu’à nouvel ordre nous pourrons considérer comme une supposition, nous maintenons que le prétendant au trône de David, le seul personnage assez célèbre en dehors des rois de Juda, pour que le prophète Isaïe ait pu se contenter de le désigner par le nom de son père, soit le seul Juif qui a pu en dehors de son pays natal soutenir une lutte sérieuse contre le puissant maître de la Mésopotamie.

1 Aioti le roi Ézéclilas est écrit liTptTP et Wjin.

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