‹ La chronologie biblique fixée par les Éclipses des inscriptions cunéiformes et en conformité avec les textes de la BibleChapitre 8 sur 9 · Réponse» à quelques objection* contre notre chronologie · texte numérisé non relu

Réponse» à quelques objection* contre notre chronologie

A. — Nous devons la connaissance du nom d’Asrïa, ainsi que les lectures et les identifications des noms assyriens de Pékah et d 'Osée, à un jeune employé du Musée britannique, M. Georges Smith, qui a exposé ces données dans la livraison de janvier 1868 du Journal égyptologique de M. Lepsius, de Berlin. M. Smith, travaillant au Musée de Londres sous les auspices de sir Henry Rawlinson, a à sa disposition des textes qui, s’ils s’y trouvent depuis longtemps, n’ont jamais été suffisamment examinés. Nous croyons de notre premier devoir de rendre à César ce qui est à César, en nous réservant de répondre aux étranges conclusions que M. Georges Smith tire de ces textes, ainsi que de faire justice des raisons fragiles qu’il soulève contre notre Chronologie. Nous reviendrons sur ce point, quoique nous ayons donné nos preuves et que M. Smith ne fasse que répéter les mêmes Simulacres de raisons auxquelles nous nous sommes déjà refusés à accéder.

M. Smith a établi une chronologie par des procédés dont il a certes la paternité. Ce n’est pas seulement la Bible qui s’est trompée en évaluant les règnes des rois d’Israël et de Juda, les textes cunéiformes eux-mêmes se sont rendus coupables des plus graves bévues. C’est un scribe ignorant (sic : ignorant scribe ) qui a inscrit deux fois le nom de Ménachem de Samarie là où il aurait dû mettre Pékah ; quand le roi assyrien doit faire lire Yauhazi, Achaz, M. Smith y suppose le nom d’Ozias, mort depuis longtemps, sans compter plusieurs autres fautes que les scribes doivent avoir commis, et dont nous nous oeçuperons encore.

Si les textes de la Bible hébraïque, des Septante, de Josèphe et de saintJérôme, fixent à 20 ans le règne de Pékah, M. Smith y substitue le chiffre de 11 ou de 12; il diminue aussi les chiffres bien avérés des règnes de Jotham et d' Achaz. Car la chronologie biblique a été, selon lui, arrangée par des « calculateurs »> aussi ignorants probablement que les scribes

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assyriens. Il se tait sur l’intérêt que pouvaient avoir les auteurs de ces arrangements; mais, il faut le dire, pour des calculateurs, ils ont assez mal arrangé leurs calculs.

Malheureusement pour lui, M. Smith ne calcule pas luimême le contrôle arithmétique de ses collaborateurs. Il prend le nom d’Asriyau pour celui du roi Azaria ou Ozia , qu’il fait vivre jusqu'en 748, et il cite les Chroniques pour parler de la puissance militaire de ce monarque. Itien de mieux, s’il n'avait pas oublié de nous dire comment ce même roi, dontil fixe le décès en 748 (au lieu de la date réelle de 758), a pu entreprendre une guerre qui n’a eu lieu, toujours selon sa propre chronologie, qu’en 738, dix ans après sa mort.

Je n’invente rien. Ces dates ne sont pas, au surplus, des fautes d’impression, elles découlent de tout le système exposé dans l’article et dont l’auteur ne s’est plus souvenu. Seulement quand on ne sait pas éviter de pareilles méprises, ne conviendrait-il pas de traiter avec un peu plus d’indulgence les scribes ignorants de Téglathphalasar et les calculateurs maladroits du livre des Rois ?

Comment donc le personnage nommé As’riyau ou Asrit/au peut-il être le fameux roi, plus connu sous le nom d’Osta le lépreux? Le nom hébreu de ce roi est vmw, nom porté par trente personnages bibliques, et en admettant même qu’il ne fût pas plus connu sous son nom d’Ozia Uzziahu en hébreu, les Assyriens l’auraient toujours rendu par:

A — za — ri — a — u.

Au lieu de cette forme nous trouvons celle-ci :

As’ — ri — a — u,

ce qui correspond au nom hébraïque cité, d'autant plus, que la transcription assyrienne varie la première lettre, selon M. Smith lui-même, en y substituant as. Nous avons donc la fluctuation entre t et Et, qui, dans le nom similaire d’Asriël, distingue la forme des nombres de celle des chroniques 1 .

Ozia le lépreux, étant en vérité mort 14 ans avant l'avénement de Téglathphalasar, selon la Bible, et 4 ans, selon

1 Encore ici M. Smith s'est trompé, en changeant le as en su X, et en -proposant une forme Asuriau. Hais en hébreu le nom s’écrit arec un T, et non pas arec un t.

M. Smith, ne peut donc pas figurer utilement comme adversaire du roi ninivite, à moins de faire constater derechef une nouvelle faute du texte assyrien.

B. — Nos lecteurs se souviendront que nous avons discuté longuement l’impossibilité d’identifier l’éclipse citée dans les tablettes d’éponymes, avec celle du 15 juin 763 avant J.-C. Nous croyons avoir prouvé que c’est le phénomène du 13 juin 809. M. Smith croit pouvoir défendre l'identification de sir Henry Rawlinson, en donnant au lecteur la preuve que l’éclipse de 763 a été visible à Ninive; il apporte pour cette démonstration le calcul de M. Hind, astronome de Greenwich.

Nous n’avons jamais mis en doute la réalité de ce fait ; nous pouvons même ajouter qu’il y a eu aussi une éclipse visible le 18 août 1868 (1 1868) après J.-G. Nous sommes aussi très-enchanté, de ce que les calculs de l’abbé Pingré, de la Congrégation de Saint-Maur, aient ainsi obtenu une éclatante vérification. Car c’est à ses indications que nous devons notre éclipse de 809, et que M. Smith doit la sienne de 763. Il oublie seulement de rendre au chanoine français un hommage de reconnaissance qui, certes, n’aurait pas déparé son travail.

La question n’est pas là. L’éclipse de 763 peut-elle être celle de l’éponymie de Pour-el-Salhe? Nous disons : Non.

M. Smith admettant comme nous, pour la prise de Samarie, la date de 721, nous différons donc seulement pour les dates antérieures. Selon nous , l’avénement de Jéhu a lieu en 887, selon lui, il doit tomber en 841. il s’agit donc de réduire 166 ans en 120 ans, c’est-à-dire de couper 46 ans dans les règnes d’Alhnlie, de Joas, d’d masia, d’Ozia, de Jotham et d’Achaz de Juda, ou des rois d’Israël correspondants. Tous les artifices ne pourront raccourcir ce chiffre de 166,quc del9ans,en diminuant le règne de Pékah de9, et. celui de Jéroboam de 10 ans. L’onus probandi incombe à M. Smith, et son aveu qu’il ne peut pas « concilier la chro- » nologie assyrienne, avec les dales antérieures, » dit assez. Inutile de constater qu’il ne cite pas nos preuves démontrant que d’autres personnes ont été assez heureuses pour accomplir, ce qu’il avoue ne pas pouvoir faire.

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