‹ La chronologie biblique fixée par les Éclipses des inscriptions cunéiformes et en conformité avec les textes de la BibleChapitre 9 sur 9 · C. — Une de nos raisons, pour établir une lacune dans la · texte numérisé non relu

C. — Une de nos raisons, pour établir une lacune dans la

suite des éponymies, était la suppression du roi Phul dans les textes assyriens. Mais Phul, dit M. Smith, se trouve; il s’appelle Asswr-ntrar, ce qu’il a a des raisons » pour lire Vulnirar. Quelles raisons? 11 ne nous le dit pas. Je maintiens qu’il n’en a aucune. Le nom royal, tel qu’il est très-lisiblement écrit, tel que sir Henry Rawlinson et M. Smith luimême l’ont rendu, est composé de deux éléments. Le second, lu jusqu’ici ou phonétiquement lihhis, ou comine idéogramme nirar *, ne nous touche pas ici. Mais le premier élément contient, à coup sûr, le nom du dieu Assour, c’est ainsi que nous tous l’avons vu sur l’original, et c’est ainsi qu’il est rendu dans l’œuvre des textes de MM. Rawlinson et Norris, vol. h, pl. 68 n° t, Reverse, 1. 15.

Mais admettons encore , qu’un scribe ignorant se soit trompé, et que le nom dMssour y figure à tort. Le nom divin, que M. Smith "Voudrait lui substituer, est Bin; il figure dans le nom de Ben-Hadad, roi de Damas. Jamais il ne se lit Vul.

Faisons encore une concession, nommons Sardanapale : Vul-nirar; oublions un instant que les noms de Téglalhphalasar, de Salnianasar, de Sargon, de Sennachérib, d’Assarhaddon, d’Adrafnelech, et tant d’autres, se trouvent exactement transcrits dans les textes hébraïques. Admettons une altération impossible du nom de Vul- nirar en Phul, lu ainsi par le Chaldécn Bérosc, les Septante, Joscphe et saint Jérôme Les personnages peuvent-ils être identiques?

Pour y répondre, jetons seulement un regard sur le texte des listes éponyiniques. Le roi assimilé à Phul règne 8 ans, 6 ans sont passés au pays dans l’inactivité. Pendant 2 ans il entreprend quelques excursions dans le voisinage vers l'orient, et enfin il est chassé par une révolte à Calacli. Phul, au contraire, a dû se tourner vers l’occident, au lointain, et traverser l’Euphrate. Donc Assour-nirar n’est pas Phul. M. Smith attribue à ce roi une expédition vers le pays de Hadrach; les textes assyriens se seraient-ils trompés encore en revendiquant cette campagne pour le prédécesseur du roi fainéant?

Aussi longtemps que nous ne pourrons pas montrer dans

1 Le nom est, en vérité, Asur-tanzybal, te Sardanapale des Grecs, comme uoua l'avui» trouvé dernièrement.

par les écupses des inscriptions CUNÉIFORMES. 37

les textes un nom royal, écrit Pu-u lu, comme nous trouvons un roi chypriote de ce nom, aussi longtemps nous n'aurons pas le droit de penser à une identification d’un nom royal , cunéiforme avec l'adversaire de Menachem I d’Israël.

D. — Quand M. Smith me reproche d’interpréter autrement qu’il ne le faudrait le verset de Rois II, xv, 30, il oublie de dire à ses lecteurs que ce verset est contredit formellement par une donnée inconciliable contenue au chap. xvu, v. t. Leroi Pékah ne peut pas être monté sur le trône en même temps, en la 20’ année de Jotham, qui ne régna que 16 ans, et dans la 12* année d'Achaz, fils et successeur de celui-ci. La 2ü* année de Jotham suppose qu’il était eucore en vie; dans aucun texte hébraïque cela ne peut signifier « 20 ans après » l’avénemcnt de Jotham. » Je suis pleinement d’accord avec M. Smith, quand il prétend que Pékah n’a pas régné après sa mort, mais j’avoue ne pas comprendre un mot des objections qu’il veut bien me faire, touchant cette impossibilité que je suis le premier à reconnaîirc.

Dans ces questions difficiles, la discussion est nécessaire, pour que les points moins saillants et incertains soient éclaircis. Je suis satisfait' de ce que le jeune assyriologue du Musée britannique ait bien voulu m’en fournir l’occasion ; mais je dois, comme signe de reconnaissance, lui rappeler que toutes les sciences sont solidaires, et que les études des inscriptions cunéiformes seules seraient insuffisantes, si elles n’étaient pas accompagnées et soutenues par les connaissances que nous puisons dans les autres branches de l’archéologie orientale.

1 M. Smith veut bien commencer, un peu contrairement aux habitudes scientifiques, son article sur le régne de Téglalhjihalasar par mon nom et par une réclamation personnelle. Selon l’usage ordinaire et reçu, ces chose» seront traitées par moi dans une note et A la lin. Il me reproche amèrement d’avoir attribué A Hincks la priorité de la publication des textes éponymiques qui appartiendrait, selon moi-même, A M. Kawlinson. Je n’ai jamais pensé i enlever ce mérite A mon illustre collaborateur anglais; seulement feu le docteur Hincks a énergiquement réclamé la priorité de l’idée. J’avoue que ces questions de priorité sont souvent difficiles à décider, en présence d’allégations contraires. Quand M. Smith dit que j’ai attribué ses v découvertes • à « dllférentes autres personnes » qu’il ne nomme pas, il doit se tromper; j’ai d’cxcetlenles raisons pour ne pas avoir agi comme il me le reproche.

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