‹ La chronologie sacrée, basée sur les découvertes de ChampollionChapitre 10 sur 26 · Noé · texte numérisé non relu

Noé

Jusqu'au déluge 100

Énos

Cainan

Malaleel

Jared

Hénoc

Mathusala

Lamech

Noé

Sem

et meurt

la 135* an. de Malaleel.

20 d'Hénoc.

53 de Mathusala.

81 de Lamech.

48 de Noé.

280deNoé.

30 de Lamech.

14 après le déluge.

585 de Noé.

88 d'Héber.

2242 ans.

Lequel de ces tableaux faut-il préférer? Si la durée et l'universalité de l'usage devaient faire loi , indubitablement il faudrait adopter le texte que TEglise emploie généralement depuis des siècles, c'est-à-dire le texte hébreu et, par conséquent , la chronologie qu'il renferme. Mais des arguments différents , plus solides et plus nombreux y dmvent faire autorité et donner gain de cause à la version des Septante. Nous allons les énumérer; seulement, avant d'en parler, il convient de donner quelques détails sur cette version même.

On regarde aujourd'hui comme des fictions les détails qui nous ont été transmis sur son origine par le soidisant Aristée*, par Aristobule ^ et par Justin Martyr ^ : Fhilon, FI. Joseph, Irénée, Clément d'Alexandrie,

^ Aristeae, Hist. de leg, div. ex hebr. linguâ in grœcatn translatione per LXX interprètes, Graeco-lat. ex vers. Matthiae Garbitii. Ed. emend. juxtà exemplar. Vatic, ex recens. Eldani de Parchum Frcf. 1610. 8*.

' Âristobul. in Clem. Alex. Strom, i et v, et Enseb. Chron, Can, arm^ p. 355; Prœp, Evang. vu, 13; viii, 9; xiii, 12.

* Justin. Mart. Exhort, ad Gentts,

TertuHien^ Hilaire^ Cyrille de Jérusalem^ Epipbane et Augustin ^ ont eu beau transcrire l'un ou l'autre de ce3 récits, en leur faisant tout au plus subir quelques changements ^, la confiance avec laquelle ils les ont copiés ne saurait faire autorité ^, et de ces fables, dont l'origine remonte, selon toute probabilité, à un Juif dési* reux de rehausser Timportance de la version nouvelle, on doit seulement retenir comme vrai ce fait-ci , c'est que cette version fut commencée à Alexandrie sous les auspices de Ptolémée Philadelphe ^, par des interprètes dont le nombre est fort incertain ^.

D'ailleurs ce qu'il importe surtout de savoir, c'est l'autorité dont jouissait cette traduction chez les Juifs et chez les Chrétiens. Or les premiers, soit ceux qui

^ Philo, I>e legatione ad C. Cœsarem; Joseph. Ant, Jud, 1. xii, c. 2; Irenx. j4dv. Hœres, m, 15; Cleoi. Alex. Strom, i; Terlull. Apoioget. c. 18 ; Hîlar. in Ptalm, 51 ; Cyrill. Hieros. Catech, p. 87 ; Epiphan. De Pond, et Ment, p. 161 ; Augustin. De Civ, Dei, l. xviii , 43.

^ Epiphan. uhisuprd,

' Les premiers doutes sur la vérité de cette histoire ont été élevés par J. L. Vives, ad Augustin. De Civ, Dei, 1. xviii , c. â2; par J. I. Scaligcr, ad Euseb. Chron. p. 155, et par d'autres auteurs que citent Buddeus, Isag, hist. fheoL p. 1508, et Fabricins, Biblioth, gr» ). m, 665. Elle a été ensuite complètement niée par Humph. Hody, Contr. hist. Ari$leœde LXX interprett. dis». Lond. 1()85, S** ; de Bibiiorum textibus originatibus. Oxûniœ , 1705 fol.; par Ant. vanDale, Diss. iup. Arist. Amstelod. 170/^ ; par H. Simon, Hiaf. erit. du V. T. Il, 2; par J. G. Eichhom , Einl, in. d. A T; I" B. S i^^* Leipzig, 1808; par Jahn, Einl. in. d. gôttL Bûcher d. A.B,i, 150 f. Wien , 1802 ; par Bertholdt, Einl. in sSmintl. Kanon. a. apocr. Sckr. d. A. a, N. Test. 524 ; et enûn par De Wette, Einl. in. d. Bûcher d. A. T. $ 40 , p. 59 et 60, Berlin, 1858.

^ Où Traaav T^v Âva'YpacpYiv Joseph. Ant. Jud. Introd. Et Arisleas et Josephus et omnis scfaola Jud^eorum quinque tantùm libros Moysis à LXX translates assernnt.. Hieronym. ad Ezech. v.

^ Tract. Soplierim i, 7, n'en porte le nombre qn'à cioq, ainsi ^fon peut le voir plus bas.

étaient répandus dans tout l'empire ^, soit ceux mêmes qui habitaient la Palestine ^, se servaient habituellement de cette version dans les synagogues; Philon déclarait qu elle était exactement conforme à l'hébreu '. . Le fondateur de TÉglise, Jésus, ou plutôt les évangélistes qui nous ont conservé ses paroles^ et les autres écrivains du Nouveau Testament citaient le plus souvent l'Ancien, d'après la version des LXX *• En général les Chrétiens s'en servirent depuis lors^ et avec succès, jusqu'au commencement du deuxième siècle, dans leurs discussions avec les Juifs.

Mais, à cette épocpie, on vit se répandre dans toutes le» églises une opinion qui avait déjà été énoncée depuis

* Et Judaei palàm lectitant. Tertall. Apolog* c. 18. Ëv rtoiv âvrcypà^oiç T«v iv ouvaiwiaîç tctU/^aCuv. Jast. Mart. Dial, c, Tryph^ c. 72, p, 170 ; voir aussi ApoL i , p. 62. Un passage de la seconde apologie de cet auteur montre bien que de son temps les Juifs de la dispersion ne comprenaient plus l'hébreu : Ê{A8ivav ai Bi^ci xai 'Ka.^\Aifiifrioiç [itxp^ "^^ ^^^f 9 xat ?ravTaxoû irapà itâavt iiavt lou^atoiç * ot xat àva'ytvuoxovTsç oO ouvîa(n Ta ii^tï- (xivai iXK* Ix^pcuç iQfiiâc xat iroXe^tou; '^^oûvrai. Apolog, il', p. 72.

' R. Levi ivit Gaesaream , audiensque eos Içgentes lectioi^em Audi Israël (Deut vi] helUnistiçé , votuit impediire ipsos., R. José id anîmadvertens irascebatur dicens : Qui non potest légère hebraicét nùm onuiinô non leget? Jfiero^. Sota, f. 21,, c. 2. Voir Buxtorf , Le» Talm. p. 104.. Suivant Lightfoot sur Aee, vi, 1 et Hody, p. 227, ce passage ne s'appliquerait qu'an Kri Schéma.

' Hoc certissimè constat : sîve Chaldaens graecam lingnam , sive Graecus cbaldœam didicerit, in utcàque scripturà tum cbaldaîcà, tum ejus interpretatione, miratur germanitatem, im6 rerum verborumqne consonantiam adorât , non Interprètes illos , sed Initiatores et Prophètes ap* pellans, quibua datum est sincerissimas Mosis cogitationes assequi spiritu purissimo. Philo, De Vità Mosis^ L n, p. 510.

* Yid. Glem. Rom. Episi, ad Corinth. ; Just Mart ApoL i , p. 62 ; Iren. j^dv, Hœres. 1. ni, c. 25 ; Origen. Comm, in EpisU ad Roman, c. x ; Gyprian. Testimon, ad Quirin, adv. Judmof, 1. m ; Hieronym. In EvangeL ad Damasum, prœf.

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