‹ La chronologie sacrée, basée sur les découvertes de ChampollionChapitre 16 sur 26 · HAP. V · texte numérisé non relu

HAP. V

suivant laquelle il nj en eut pas un seul qui échappât (y. 28). Mais, à n'en pas douter, cette dernière assertion «st hyperbolique; la prédiction n'exprime point. formellement que Pharaon duU être enveloppé dans le même sort que ses troupes , elle le menace seulement d'une grande catastrophe^ et c'en était une assez grande pour lui que l'anéantissement de son armée. Le cantique de Marie pourrait offrir un passage en apparence favorable à la mort de Pharaon {Exod. xv, 19); mais elle n'en a rien dit plus haut (v. 4) y où l'occasion s'en présentait naturellement , et ce passage doit vraisemblablement se traduire par la cai^alerie et les chariots de guerre de Hiaraon , et non par son cheval et son chariot. Il n'y a que Ps. cxxxvi ,15, qui puisse appuyer cette explication, et un seul passage d'un livre poétique ne peut contredire Thistoire. Manéthon et Ghérémon, historiens égyptiens, qui devaient mieux que les Juifs eul-mêmes connaître le destin du roi sous lequel les Juifs quittèrent l'Egypte, sont en contradiction dans presque tous les détails de l'événement, so)t l'un avec l'autre , soit avec l'opinion généralement admise à ce sujet, et ils sont justement réfutés pour tous ces détails par l'historien Joseph. Cependant ils s'accordent en deux points : 1^ en ce qu'ils donnent tous deux le nom d'Aménophis, assez semblable à celui de Ménephtha , au prince qui vit partir ces ennemis redoutables ; et 2^ en ce qu'ils le font Tun et l'autre, après cet événement, quoique avec une série de circonstances diverses , survivre à cette vaste émigration (Joseph, eontr. Jpion. 1. I, c. 26 et 32)^ En

^ Le texte de Hanétbon offre de grandes irrégularités. SuWant Joseph (UmU Apion. L i , c. 5, Alisphragmontophis et Themosis , chef de la

AS CHRONOLOGIE SAGRKE.

établissant que la sortie d'Egypte eut lieu la première année du règne de Ménephtha 11^ nous pouvon ddiic «admettre comme vraie la déposition de Jules Africain et d'Eusèbe, qui est confirmée par les monuments, et selon laquelle ce prince régna cinq ans en tout, c'est^ à-dire^ quatre ans encore après cette épouvantable catastropbe.

iviu* dynastie, auraient chassé les Pasteurs; d'après les chapitres 26 et ' 33, ce serait Aménophis. Évidemment il ne s'agit pas là de la même expulsion. La dernière qui est mentionnée dans cet ouvrage fut opérée par Aménophis ou Ménephtha II , dont il n'est point parlé dans Ift Ible de Manélhon donnée par Joseph au chapitre ili^éu même écrit, et pourtant cette liste présente la série des rois de la xviii* dynastie.

CHAP. Vf. '■ * .40

DE LA SORTIE d']6gYPT£ A L EIYVAHISSEMENT DE JERUSALEM

PAR SISAC.

La période à laquelle cet article est destiné renferme, comme l'indique le titre , une longue suite d'années y et il semble que nous aurions dû marquer d'abord des jalons plus rapprochés. Mais plusieurs parties de ce vaste intervalle offrant matière à incertitude , pour en éclaircir la chronologie , il faut chercher un point fixe, et ce point nous est fourni, comme l'époque de l'Exode, par l'histoire d'Egypte. Evidemment si les annales sacrées présentent des contradictions , c'est à l'histoire profane qu'il appartient de décider entre ces diverses données.

Or les Livres saints nous apprennent qu'en la cinquième année du règne de Roboam Jérusalem fut envahie et pillée par un roi d'Egypte , nommé Sisac ^ ; il était intéressant de retrouver quelques traces de ce fait dans les documents égyptiens relatifs aux temps qui ont suivi Sésostris : par bonheur, ces documents n'ont point fait défaut pour cet important épisode. ' GhampoUion le jeune a vu dans l'un des bas-reliefs du palais de Kamac , à Thèbes , une scène qui représente un roi égyptien conduisant à la trinité thébaine

les chefs de plus de trente nations vaincues ; chacun

* En hébren Sehischak,

50 eHRONOLOGlB SACREE.

de ces chefs a son nom inscrit dans le bouclier qu'il porte , et l'un de ces chefs en particulier est nommé leoudah Melek (Juda roi), tandis que le roi même porte le nom de Scheschonck^ , Indubitablement cette scène rappelle bien la prise de Jérusalem y et le roi auquel elle est attribuée est bien le Sisac de nos Livres saints^ le Sésonchis de Manéthon.

Il s'agit actuellement de savoir quand ce prince a régné et quand eut lieu l'événement auquel le bas-relief de Karnac fait allusion. Eusèbe et les monuments constatent que^ depuis la première année de Ménephtha II,

ia XTiii"* djDaBtîe a encore occupé le ti^e pendaat 30 ans.

' la X»"'* 8*y est maintenue. i95

la xv^, .178

(Joies Africain, Eu- la XXI^*. . 130

Mbê et monuments)

SésondiiBiOhefde la xxn*%e8l ainsi monté fur le trtee. • • . . 6S3 ans

«près Ménephtha 11^ c'est*à*dire^ l'an du monde 4-223^ ou 970 avant J.-C. Mais il est difficile de déterminer en quelle année de son règne ^ qui en compte 22 , ce prince envahit Jérusalem. Lorsqu'il <:eignit le pschit^ Salomon vivait encore , et c'était auprès de Sisac que Jéroboam était veau chercher un asile contre lels rigueurs de ce roi , dont il devait plus tard diviser lea ^tats (1 Rois XI, 40). Selon toute apparence, Salomon n'avait plus long«tèmps à vivre quand Jéroboam, animé par les déclarations prophétiques dont il s'était vu honoré (vv. 31 -33), se révolta contre «on roi (v. 26) et s'enfuit en Egypte^ Le fils de David ^ déjà vieux (v. 4), livré à des femmes étrangères et par elles au culte des faux dieux , menaoé dès4ws du déchirement de son royaume (v. 11), voyait déjà luire son dernier soleil ^

^ GhampollioQ-Figeac , Egypte ancienne ^ p. 151; Wiseman, Diu. «• iet rapp, entre la sck et la reUg, rév. t. «i, 9' Disc.

et ce fut probablement la dernière année de son règne que Jérc^oam chercha un asîle auprès de Sisac. Main-* tenant nous supposerons pendant quelque temps que cette dernière année de $alomon correspond à la pre** miére de Sisac^ et là cinquième de Roboam , celle où Sisac envahit Jérusalem > à l'an 4229 du monde eu 964 avant J.-C, ^, nous réservant de justifier plus tard cette supposition. C'est là le point fixe qu'il était né-^ cessaire de trouver ; il n'est eneore qu'indiqué , il sera plus tax'd démontré. Essayons maintenant de répartir les 539 années que nous avons ainsi supputées entre les différents gouvernements qui se succédèrent depuis l'Exode à l'invasion de Jérusalem , et commençons par les périodes certaines et bien connues. On peut regarder comme telles :

Celle du séjour au désen, 40 ans. {Exod, vu, 7; Deut, xxxiv, 7; Josuéy, 6);

le lègue deSaûl , 40 {Jift, xiii, 21 ; Joseph, AnU Jud. 1. VI^ c. ih, S 9) i le rigoedenavid» &0 (i fiott n, H ; i Chran, xxi% 27; Josepk JnK^

Jud. 1. VII, c 15, S 2}} lerègnedeSalomon, AO (1 Rois xii, 42; 2 Chron. ix, 30) > ; ci^iqansdeAolNnim 5 (i Aoti zit, 25$ 2 Oir#ii. xii, 5).

Si l'on retîranche ce nombre d'années des 539 adop* tées plus haut^ on verra que le gouverpement de Jo* sué, celui des Anciens et celui des Juges durèrent 374 ans. Four faire la part de chacun des trois , nous

* Diaprés ks cafeuls donnés pins haut , la cinqnibme année de Rohoam 5e0bWrait devoir correaiKndfe à Van da mowde kiU (-OOS av. J.-C); mais il m'a pitrn nécessaire d'ajonter une année poi|r tenjr compte des fractions sans doute négligées par les historiens égyptiens et juifs.

> Joseph (AnU Jud. 1. Tni, c. 7, $ Sj porte le règne de Salomon h SO ans. éviflemmeill il esA impt ssible depiéCérer une donnée si exagérée à ceUe des Rois et des Chroniques.

empruntons à Joseph le nombre de 1 8 ans qu'il donne au gouvernement des Anciens {Ant. Jud. 1. VI , c, 5, § 4), T^elui de 25 ans qu'il assigne à la domination de Josué {ibid. 1. V, c. 1, § 29), et nous trouvons que ce dernier renseignement en particulier, le seul que nous possédions sur ce point, est bien d'accord avec toutes les conjectures qu'on peut faire à cet égard. Qu'on soustraie en effet ces 25 ans de l'âge de 110 auquel Josué est dit mourir {Jos. xxiv, 29), qu'on en retranche encore les 40 ans de séjour au désert, on trouvera qu'il devait avoir 45 ans lors de la sortie d'Egypte , et cette donnée se trouve conforme à toutes les probabilités. D'abord, Nvmb. xiv, 29, 30, et xxxii, 11 , 12, prouvent que Josué avait plus de vingt ans lors de l'Exode. De plus, si Caleb avait environ 40 ans quand, au commencement du séjour dans le désert , il fut envoyé pour reconnaître le pays de Canaan {Jos. xiv, -7), ee devait être aussi l'âge des autres éclaireurs qui avaient été choisis comme lui parmi les chefs de famille, et au nombre desquels se trouvait Josué {Nomb^ Xiu, 3, 7, 9) : on devait avoir choisi pour cette mission des hommes d'un âge mûr. Enfin si , le second mois du séjour au désert (i?a:o</. xvu, 9; xix, 1), Josué fut désigné pour combattre les Âmalécites à la tète des enfants d'Israël , il devait certainement être déjà un homme d'expérience et d'âge pour remplir cette charge importante. On ne peut donc trouver que fort vraisemblable le chiffre de 25 ans que Joseph donne pour la durée de son gouvernement et celui de 46 que Ton en conclut pour l'âge qu'il avait lors de la sortie d'Egypte.

Far suite des soustractions que nous avons faites, et diminuant enfin les 374 ans notés plus haut des 25 du-

rant lesquds gouverna Josué et des 1 8 ans qui appartiennent aux Anciens^ on trouvera que le 'gouvernement des Juges, n a pas pu durer plu^ de 331 ans jusqu'au règne de Saûl. Ce résultat pourra sembler inadmissible aux chronologistesqui se. sont habitués à considérer comme successives toutes les périodes de servitude et d'indépendance dont il est fait mention dans le livre des Juges^ et comme entièrement exempt d'erreur ce livre même ; mais^ j'ai regret de le dire, il m'a été impossible de me ranger à leur opinion. ;

D'abord la période des Juges fut une période de di-vision et d'anarchie, durant laquelle il parait peu vrai- SiBmblable qu'Israël ait toujours obéi à un chef unique^ S'ill'avaitiait, il n'aurait sûrement pas été si long-temps asservi par des. peuples qu'il avait vaincus et dont il s'était fait craindre vingt-cinq ans sous Josué. N'est-il pas plus probable que dans ces temps de désordre quelquesuns de ses chefs administrèrent simultanément plusieurs parties du pays, et qu'inversement plusieurs des peuplades étrangères qui l'envahirent dominèrent à la fois sur plusieurs des contrées où il s'était établi * ? C'est ainsi qu'on est forcé de regarder comme contempo-

^ C'est aussi Topimon de Stiider , Dos Bueh der Richter, S. û69, u. f; Bern. u. Leipzig, 1835, et c'est encore celle de Winer : • Gewifs nicfat » allé im Bûche der Richler erzâhlten Begebenbeiten- Atnf«r, sondern » mebrerewohl.ne^e» eînandersich ereigneten. » Bibl. Beakoôrterb, W^' Bd. A. Bicbter S. 587. Pour mettre cette vérité dans tout son jour« Je m'appuierai ici, mais en le restreignant à une série nsoins longue de noms , d*un argument qu'Ëusèbe a déjà emifloyé ( Chronicop^ Canon», opui ex Haicaha^ codice àJ, Zohrabo eatpressum, p. 71). DeBahab, m&rtt de Booz (^Matt. i, 5 ) et contemporaine de Josué , jusqu'à D^vid iKy.eol quatre générations seulement (Ruih iv, 31 ; 1 Chron, ii,* 11 ; Maft* i, 4-6 ; Lufi, III , SI , &2 ) : or en comptant les années écoulées depuis la fin de Josué seulement jusqu'au commencement de Safil, on trouve-» sait pour ces quatre générations , si l'on portait à 410 ans la ducée du

$4 GHRONOLOGIS SACREE.

raines plusieurs des familles qui goilveniéreni TÉgypte depuis M éoés jusqu'à la prétendue xv*^ dynastie , et c'est ainsi que nous cipyons devcâr admettre que les 20 ans durant lesquels les Cananéens opprimèrent les tribus du Nord^ et les 40 qui suivirent la délivrance opérée par Débora/ coïncidèrent avec mte partie de Tëpoque de paix dont le Midi fut redevable aux yictoires d*Ëhud ^ C'est ainsi encore que }a servitude sous les Philistins nous parait devoir se rapporter au même temps que les judicatures de Jephté , d'Ibtsan , d'Hëlon , d'Habdon , de Sanson ^, et que les six premières années de l'administration de ce dernier chef nous^ semblent avoir concouru avec les six dernières du gouvernement d'Habdon ^. La mise en regard de trois époques du livre des Juges s'offre donc comme un premier moyen de restreindre l'exagération^ Sans cela inexplicable^ de cette période.

Mais il ne faut pas reconnaître seulement des paraW lélismes daûs ce livre ; il présente encore malheureu-*.

gouvernement ' des Juges, o» espaee de 50Ô ans, c'est-à-dire de 135 ms ponr diacime entre Ja naissance et le mariage , ce qai e^t nu ana* chronisme. Maïs éva)ue-t-on la môme période, en y comprenant le gouvernement des Anciens , celui d*Héli et celui de Samuel » à 548 ans seulement , on trouvera pour chacune de ces générations une durée de S7 ans, sans doute bien longue déjà, mais enfin beaucoup plus probable.

* Marsham(CAr0n(Vitf Canon ^ Lfondini , 1672, p. 291, 292) et Marsbail ( TabL CkrotioL Ox. 1713 , p. 95 ) x>Bt admis le même parallélisme. ' '^ ^Denx passages prouvent positivement le parallélisme de la judicature de^Sanson avec l'oppresdion des Philistins. On voit en effet, Jug. xui, b ,- q^'ii.deMaii commencer à délivrer Israël de la paisiance des Philistins, et XV, Qti^,'qvL*Ujt^feaIsréièl,'au temps des PhiUsiina, pendant yingt ans. Joseph et Clément d'Alexandrie en ont jugé de même.

^ Jaçob avait dît à «es fils: Dé» aura ses propres juges,. de même qae Les Muiree tribus d*i9ràèt Gen^ xLix, 17, et Sanson était de la trii^ de ipap. S^, ïiii, 2.^

CRROIfOLOGlB ^AeREB. 55

$ementdes récits qui tteiinent de la iraditioB, et d'une tradition complètement fausse. On y voit un chef qui porte le nom de Tolah et qtii aurait gouverné 23 ans (Jug. x, 1 ), mais dont Joseph a entièrement passé le nom et la judkatufe sous silence {Ant.Jud\ 1. V , c. 7, §§ 5 et 6 ) ; s*il n'y avait pas eu erreur sur ce point dans le texte sacré ^ l'historien juif se fût bieto gardé d'omettre ce nom. Son exemple nous empêche donc d'inscrire Tolah au nombre des Juges ^ • Enfin ce prétendu Tolah est dit avoir eu pour successeur ua Jaîr de GaJaad, qui aurait donné son nom aux bourgs de Jaîr situés dans ce pays ( Jug. x , 3 ^ 4 ). D'un autre côté, Nomb. xxxii , 41 ; Deut. m , 1 4 ; Josué xui, 30 ) ,, il est question d'un Jaïr^ descendant de Manassé, dont' 1 Rois IV, 13, et 1 Chron. ii, 23, font aussi mention;;^ et qui, ayant reçu en partage la contrée de Galaad^ donna également son nom aux bourgs qu'il possédar dans cette contrée. N'est--<3e pas là une identité frappante, et se fondera-t-on pour la nier sur ce que Jaîr le juge est dit avoir laissé 30 bourgs de son nom ( Jug. X , 4), tandis que le descendant de Manassé en aurait possédé 60 (Josué xin, 30; 1 Rois xiv, 13; 1 Chron. n, 23)? Ce serait une puérilité par trop forte^ ? Non, il faut le reconnaître, si le livre des Juges n'a pas été altéré , au moins a-t-il donné accès dans ses

* Des Yignoles met celte omission , noa snr le compta de Joseph , mais snr celai de ses copbtes ( Chronol. de CHUtotre »aint€, Berlin, . 1728, t I, p. hk ). Pour nous, qui raUriboons à l'aitteor juif lui-même , ei qui , par cooséquent, voyons dans le récit du livre des Juges une^rte. de légende , nou9 croyons retrouver le héros de celle légende dans toftis. ilinéd'Issacar qui portait le nom de Tolah et dont il est qotstién , O^. uvi, iS; Tiomb. xxvi, 25; i Chronu vu, 1.

< Clément d'Alexandde , en faisant l'énoméralion des Juges , omet lo nom de Jaïr. Siromat. 1. i , c. Si. Mais le bon Des Vignolw (ubi snprà)

récits à la tradition : sa forme fragmentaire et sa rédac ' tion finale^ de beaucoup postérieure aux événements ^y conduisent naturellement à le croire. Dira-l-on maintenant que cette manière de l'envisager porte atteinte à l'inspiration? L'inspiration n'était point générale et avait autre chose à faire que de dicter de menus détails, historiques. Voici donc comment nous diviserons la période des Juges :

Servitude sous Cusçan, roi de Syrie.

Jug. III, 8,

Délivrance par Hothniel et repos du peuple

Jug, m, 11.

Servitude sous Héglon, roi de Moah

(Jirg. III, 14).

Délivrance sous ]Êhud

et repos au Midi

Oppression au Nord par Jabin(^20 et les Cananéens.

La paix continue^ puis^^Délivrance du Nord Sçamgar défait les Phi- par Débora, et repos. listinsauS.(j«g. 1,1,15.51) {Jug.iw). , . , . . 40 Servitude sous les Madianites 7

(Jug. vi, 1).

Délivrance par Oédéon^t repos 40

{Jug. vin, 28).

Usurpation d'Àbimélec 3

(Jug. IX, 22).

Servitude sous les Philistins et les Hammonites 1 8

{Jug.x,6).

à reporter 2i 4

q'a voulu voir non plus dans cette omission qu'une inadvertance. On ctoît présumer que pour Fhîstoîre de Jaîr, comme pour celle de Tolah , il y aura eu dans le livre des Juges reproducdon traditionnelle de celle qui élait. racontée précédemment Nomif. xxxii, ai; DeiM. m, 14; Jou XI», 30. €elte opinion a été soutenue par Studer , Da$ Bach der Richi/er. SS. 267, u. ff. u. 473.

* De Welle, Lekrb. d. Einleil. in doà A. T. k^ Aufl. Berlin, iStK

Report 21 4

Oppression des Philistins

{Jug, uii, 1).

4 I Judicature de Jephté

/ {Jug. kii, 7).

7 Judicature d Ibtsan

{Jttg,Jii,8, 9).

1 Judicature d'Elon

V (Jug. XII. il).

2 /Judicature d'Habdon

I (/fi^. xiii, 13, 14).

Judicature de Sanson

{Jag, XV. 20; xvi, 81).

Héli sacrificateur et juge 40

(1 Sam. IV, is;.

Interr^ne 20

(iSam. IV, a).

Gouyernement de Çami^el 1 2

(Joseph, ^nf. Jud, 1. vi, c. 13, $ 5).

Ce calcul semblera peut-être un peu arbitraire^ quoique nous y ayons été conduit par les rapports de l'histoire des Israélites avec la chronologie égyptienne et par l'examen même du livre des Juges. Mais on peut le. rapprocher de deux données importantes que fournissent les Livres Saints , et, en comparant aussi d'autres calculs avec ces données, on pourra juger lequel est le plus voisin de la vérité. La première de ces données se tire de l'histoire de Jephté ; ce juge , dans son message au roi des Hammonites se prévaut, pour détourner la guerre que celui-ci prépare contre les tribus au-delà du Jourdain, de ce qu'elles sont établies depuis trois cents ans dans les contrées qu'elles occupent ( Jug. xi , 26). Quand même il n'y aurait pas eu tout-à-fait ce nombre d'années, on ne devrait guère s'en inquiéter, c'est un nombre rond qui ne tire point à conséquence^

58 CHRONOLOGIE SÀCREB.

qui est plus promptement énoncé que d'autres et qu'on ne peut pas considérer comme une atteinte à la vérité. Il est d'usage en pareil cas d'en employer de semblables et de compter comme achevé un siècle qui gravite dans sa dernière moitié. Cependant nous tiendrons acte du chiffre donné par Jephté. Si l'on reprend les chiiFres que nous avons adoptés^ on verra que de la conquête de Canaan au commencement de la judicature de Jephté il s'est écoulé 250 ans ^ ; ce nombre diffère en moins ^ de 50 ans , de celui de 300 qu'indique ce Juge ; et sans doute cette différence peut être de quelque importance. Mais les inductions tirées de la chronologie égyptienne et du livre des Juges ne nous ont pas permis de la faire disparaître; nous devons, ainsi nous contenter d'en prendre note pour la comparer ensuite avec d'autres.

Le 1" livre des Rois nous fournit la seconde donnée à laquelle nous en avons appelé* Il est dit formelle-ment au chapitre vi ^ v. 1 , que Salomon commença à bâtir le temple 480 ans après la sortie d'Egypte. Or, si l'on retranche des 539 ans que nous avons comptés entre cet événement et la prise de Jérusalem par Sisac, les 5 ans durant lesquels Roboam régna avant cette dernière catastrophe et les 36 ans du règne de Salomon.

^ « Galeb en réclamant auprès da chef d'Isradl (de Josué) le territoire.

• d'HébroD , qqi lai avait élé promis , dit : J*étaU âgé de àO an9 quand. 9 Moïse nCenvoya explorer le pays de Canaan ; l'Êlemet m'a conservé la » vie comme il m'en avait déjà parlé; il y a déjà 45 ans que l'Eternel pro- 9 nonça cette parole, et voiêi je suis âgé aujourd'hui de 85 ans. Le voyage

• d'eiploration ordonné par Moïse fut entrepiîs dans la demuème année 9 du pèlerinage ; Galeb parle ici &5 ans après cette mission , et en con- 9 séquence à7 ans après la sortie d'Égjpte; Israël est resté àQ aiis dans le » désert , il reste donc 7 ans pour la conquête de Josné. • A. CoquereL, fssai liistorilfue et critique sur les dates de ta Bible, p. 665.

postérieurs à la foodation du temple ( 1 Rois vi, 1 ; xi , 42), on trouvera que, suivant nos calculs, il s'est écoulé 498 ans entre la sortie d'Egypte et la fondation du temple , et que ce nombre diffère de 1 8 ans en plus de celui qu'indique le livre des Rois.

Certes les deux différences que nous avons ainsi fait ressortir méritent réflexion et indiquent probablement quelque erreur; mais il serait hâtif de décider de quel côté est la faute , et ces différences doivent être comparées d'ailleurs à celles que fournissent d'autres calculs.

Une période qui fait partie de celle qui nous occupe a été calculée dans le livre des Actes ch. xm, V. 20 ; c'est celle qui s'étendit de la conquête à l'institution de la royauté : Ayant exterminé les sept nations du pays de Canaan^ y est- il dît, Dieu en distribua les terres aux enfants d* Israël. Ensuite il leur donna des juges jusqu'au prophète Samuel pendant quatre cent cinquante ans enifiron. Mors ils demandèrent un roi. Ces 450 ans ne se rapporteraient-ils qu'au gouvernement des Juges, et faudrait-41 compter outre cela 36 ans pour celui de Josué depuis la conquête et pour celui deis Anciens, puis les temps mêmes d'Héli et de Samuel ? Non, sans doute, cela dépasserait toutes les limites connues. Mais en comprenant dans ce chiffre les périodes que nous venons d'indiquer, cela élève déjà à 333 ans la période écoulée entre la conquête et Jephté, et à 581 celle qui fut comprise ?ntre la sortie d'Egypte et la royauté. Le premier de ces chiffres dépasse de 33 ans l'assertion de Jephté , et le second, de 101 ans la donnée du livre des Rois.

Comme on a pu le voir au commencement de ce traité , Joseph se contredit lui-même sur l'intervalle

60 CHRONOLOGIE SACRÉB.

qui sépare FExode de la fondation du temple. Une première fois {Jnt.WUl, 3) il fixe cet intervalle à 592 ans^ chiffre qui diffère de 112 ans de celui des Rois; et deux autres fois (jént. XX, 9 ; Cont. Apion. II,, 2 ) il le porte à 61 2 ans , nombre qui diffère de 1 32 an& de celui des Rois. On ne peut guère savoir si la contradiction dans laquelle il tombe avec lui-^-même roule sur le temps qui précéda Jephté ou sur celui qui le suivit ; en additionnant les années qu'il compte depuis la conquête jusqu'à Jephté et qui s'élèvent à 329, on verrait que ce chiffre offre avec celui de Jephté une différence en plus de 29 ans^ tandis que le nôtre en diffère en moins de 50.

Plusieurs chronologistes ( Des Vignoles , Coquerel ^ etc.), regardant comme successives toutes les judicatures et toutes les servitudes, ont adopté jusqu'à Jephté le même nombre d'années que Joseph ; mais ils y ont toutefois ajouté les 3 ans d'usurpation d'Abimélec et les 23 ans de la judicature de Tolah ; ils ont ainsi porté à 362 ans l'intervalle qui s^écoula de l'entréet dans la terre promise à Jephté, et cela fait une différence en plus de 62 ans relativement au chiffre indiqué par ce dernier juge. D'ailleurs élevant à 410 ans la. durée totale de la période des Juges, ils comptent 649 ans de la sortie d'Egypte à la fondation du temple , et offrent ainsi une différence en plus de 1 69 ana comparativement au chiffre du livre des Rois.

Voici un tableau qui rendra toutes ces différences plus frappantes ; celles que chaque colonne offre avec les auti^s y ont été calculées d'après les donqées connues, en prenant pour base le chiffre indiqué par cha-^ que auteur, et ce chiffre est imprimé en caractères particuliers :

CMAP. VI. 6t

se ï^ <Q S5. '^

Bon r^ •* lO • Q

Il 1" ^ ^

OQ O

Z ^ or s o en c* iLS

S .S I I S S ê îl

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I s I § I I I If

Ok 9^ A a» CM oi CA i^*n Sc»oeM<o«»»A8

On peut observer que les chiffres déduits de lassertion de Jephtë (/ug. xi, 26 ) contredisent les nombres auxquels conduit le livre entier des Juges , et non-seulement celui-ci porte en lui-même sa réfutation , mais

encore il est combattu par deux autres chiffres bibliques^ celui du livre des Actes ch. xiii ^ 20^. et celui du 1 ^ livre des Rois , vi , 1 . Un grand nombre d'auteurs néanmoins ont adopté le système général du livre des Juges ^ Pour nous^ au contraire, nous en adoptons un qui diffère de 18 ans de celui du livre des Rois^, mais qui occupe un juste milieu entre celui-là, l'assertion de Jephté et le livre des Actes , et qui enfin , au milieu de l'incertitude des données bibliques, a l'avantage immense d'être en parfait accord avec la chronologie égyptienne. Sans contredit, il serait bienliardi d'affirmer que nous sommes arrivé à la vérité ; mais nous pouvons dire sans présomption que nous nous en sommes approché autant que possible.

En suivant les chiffres auxquels nous sommes par- Tenu plus haut, on verra donc que

la sortie d'Egypte ayant eu lieu l'an du monde 3690, av. J.-C. 1 503

la mort de Moïse et Tentrée en

Canaan sont arrivées en 3730, 1 463

la conquête de la Terre-Promise a été achevée en

la mort de Josué a eu lieu en . les Anciens ont gouverné jusqu'en

les Juges avant Héli jusqu'en

Héli et Samuel jusqu'à la royau-* té en

Saûl a régné jusqu'CT

David

^ M. Goqiierel n'aurjiit-il point été porté à adopter ce système, par le principe singulièrement aiWtraîre qu'il expose p. lis et développe pp. 717-Tt'9, leA qui (xmsiste à prÉfécer toujouES en cas d'incerlitade les pé< rîodes les pi us longues ?

^ Si nous D*ayio&s pas placé la fuite de Jéroboam en Egypte et Vinva^

la fondation du Temple a eu lieu en 4488, ar. J.-C. 1005

le Schisme en ' 4224, 969

Tinvasion de Jérusalem par Sisac en 4229, 964

Nous ne devons point omettre trois dates importantes pour rhistoîre générale, dont Joseph a 'marqué l'espace que nous venons de parcourir et auxquelles on a tout lieu d'ajouter foi. Peu après Moïse d'abord , Rhamsès IV, dit Méiamoun , qui avait, comme Sésostris, commencé son règne par des expéditions lointaines et laissé, pendant son absence, l'administration du royaume à Armaïs Danaûs son frère , trouva à son retour que ce prince parjure avait voulu s'attribuer complètement Tautorité royale et s'était mis en rébellion ouverte. Il ne tarda pas à reconnaître que la plus grande partie de ses sujets lui étaient restés fidèles et à se voir en position de punir ce frère coupable; et ce fut alors que Danaûs , pour éviter le châtiment qui le menaçait, alla avec une colonie, composée des partisans qull avait gagnés, chercher un asile en Grèce. Alaojéthon place cet événement 393 ans après le départ des

sioD dé Jérusalem, par Sisac au commencement du règne de ce dernier prince , nous nous serions trop écarté de la date -du livre des Rois qui nous a paru excessivement importante. En outre de la 5* année de Roboam jusqu'à la 14' du règne d*Asa, où les armées de Juda mirent en déroute ^rach ( 2 Chron. xiv, 9-13 , xv, 10 ), il s'écoula 29 ans (12 de Roboam , 3 d'Abia et 14 d'Àsa), et d'un autre côté l'on retrouve absolument le même nombre d'années depuis la 6« de Sésonchis jusqu'à l'avantdernière d'Osorchôn , le même que Zérach : savoir , Sésonchis vécut encore 16 ans et Osorcbôn 15 ans. Suivant ce calcul , il aurait donc sur-

vécu de deux ans à sa défaite , ce qui ne fût pas arrivé si sa mort avait coïncidé avec l'année de cette catastrophe , et les historiens juifs on égyptiens l'auraient probablement indiqué.

Pasteurs que Joseph confond avec les Hébreux (Conl. Apion. 1. I, 14); mais si c'était réellement 393 ans après que les Israélites eurent quitté l'Egypte, cela ne coïnciderait plus avec le règne de Rhamsès IV, Méiamoun , autrement dit Séthqs , ni avec Armaïs Danaûs son frère. Par conséquent la date indiquée se rapporte au départ des premiers Pasteurs , et l'arrivée en Grèce de Danaûs doit avoir eu lieu Tan du monde 3761 (i432av.J.-C.)

2^ Joseph nous apprend que ce fut la douzième année ^ du règne d'Hiram ^, roi de Tyr, dont la capitale avait été bâtie 240 ans auparavant'^, que Salomon fonda le temple de Jérusalçm ( Jnt. Jud, 1. VIII, c. 3, § 1 ; Cont. Apion. 1. 1 , c. 18 ). Puis il montre , 3** d'après un fragment de Ménandre d'Éphèse, que Carthage fut fondée 1 55 ans et 8 mois après qu'Hiram eut commencé à régner ^, 1 43 ans et 8 mois ( nous compie-

^ Théophile d*Antioche {aà AuioL m) et le Syncelle (éd. Goar. p. 183, d. ) sont d*accord avec Joseph pour cette date.

' Cet Hiram doit être soigneusement distingué du contemporain de David tfi Sam» ▼ « li )» qui portait le même nom et dont il était le fils, comme l'indique 2 Citron, ii, il , iS , et comme l'a admis Leclerc (ad 2 Sam. V» ii ; i Beg. y, i) ; ou le pétit-fils, suivant Dodwell (odGeog, vet, script. Dis», i , S i6, p. 27 ).

* Ce n'est pas , à proprement parler , de la fondation première qu'il s'agit là , mais d'un agrandissement de la ville et probablement de la construction d^ la partie continentale : Ârrien {Exped. Alex, ii, 16 , p. 87 ), Hérodote (1* "* c- 4^)> «losué (»x, 25, 28, 29), et Ésaîe (xxiii, 10 ) , donnent à penser que la partie de la ville qui était fondée sur une île et qu'on distinguait par le nom de Forteresse de Tyr ( Josui, 1. c. ; 2 Sam. XXIV, 7 ; ÈsaU , xxiii , 8 , la, 11 ), datait d'une époque bien plus reculée.

* La durée des règnes des rois t^riens jusqu'à Pygmalion est calculée dans nos tableaux d'après le Syncelle { p. 182 et ss. ], dont les nombres de détail s'accordent avec la somme totale que nous extrayons de Joseph, tandis qu'il n'en est pas ainsi des addendes indiqués par Joseph même.

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rons 144) après la fondation du temple (Cont. Apion. 1. I , c, 1 8 ; 1. II , c. 1 ). Ainsi Tyr aurait été construite l'an du monde 3948 (1 245 av. J.-C.), et Carthage Tan du monde 4332 (861 av. J.-C). Ces dates se rappor-* tent bien à d'autres indications que fournit l'histoire générale.

Salomon^ ayant déjà régné avant la fondation du temple^ de l'an 1 009 à 4 005 stvant J.-G.^ aurait eu pour premier conteinporain sur le trône d'Egypte Psinachès ^y qui régna^ suivant ChampoUion le jeune, de 1 009 à 1000 avant J.-C. , et dont il aurait épousé la fille (1 Rois m, 1 ; vu , 8 ; XI , 1 ; 2 Chron. vm ,11). Mais comme David régna de 1 049 à 1 009 avant J.-C, et fut contemporain de quatre Pharaons, Psousennés ( 1 074- 1028) , Nepherchéré^ (1028-1024) , Aménophthis (1024-1015), etOsochôr (1015-1009)2, il n'est pas possible de déterminer auprès duquel de ces rois se réfugia Hadad , prince d'Idumée , quand les Hébreux eurent conquis son royaume (1 Roisxiy 28)^ vu que la Bible ne fait point connaître sous quelle année du régne de David eut lieu cet événement. A cette exception prés, on le voit, toutes les questions relatives aux époques de l'histoire sacrée ont obtenu une solution appuyée sûr des preuves aussi solides et multipliées qu'on peut le désirer. Y aurait-il impossibilité à obtenir quelque certitude sur la place des événements postérieurs dans l'ordre des temps? C'est ce que nous allons examiner.

A EiuèbeetGhainpolIfon.

^ Les mêmes.

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