CONCLUSION
Ici se termine enfin la tâche que nous avions en* treprise, et avant de poser la plume ^ nous devons ajouter quelques mots sur les réflexions qu'elle a fait naître en nous.
Presser outre mesure la nécessité de Tétude qui fait Tobjet de ce travail serait une prétention bien déplacée^ surtout si elle avait pour but de rehausser l'importance des résultats auxquels nous sommes parvenu. A n'en pas douter^ l'histoire sacrée sera toujours autrement utile que la chronologie de cette histoire , et en racontant les bienfaits dont les hommes ont été comblés sur la terre et dans les lieux célestes , en faisant connaître les volontés du Créateur à leur égard , la pre« miére a sans contredit enregistré ce qu'il y avait pour nous de plus essentiel à connaître ; quelle comparaison pourrait-on jamais établir entre les célestes sentiments que la divine Parole doit éveiller dans les âmes y entre les précieuses bénédictions dont elle peut être la source et l'aride science des dates?
Cependant les esiprits positif^, et il en est plus qu'on ne pense, ont toujours désiré et voudront toujours savoir à quelle place dans le domaine des temps mettre les événements divers de l'Histoire sainte; il leur a toujours importé et il leur importera toujours de con«*
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naître cominent cette histoire se lie à celle de toutes les nations du globe ; et ce besoin est si peu à dédaigner . que les auteurs sacrés n ont rien négligé pour y satis-^ faire d'avance. lisant avec soin enrichi leur narration de détails propres à fixer l'ordjne des temps , et quoiqu'on ait dû quelquefois compléter ou corriger leurs données au moyen d'autres documents^ on ne pourrait nier qu'ils n'ai^it fourni les éléments d'une chronologie et que, par conséquent, oe canevas historique n'ait aussi son utilité.
Si l'histoire des Révélations faites au peuple hébreu n^avâit dû se lier à celle de nul autre peuple , si les époques de son histoire n^avaient pu se fattacher à nulle autre date, il eût manqué aux annales sacrées un élément essentiel de certitude. Vous prétendez , eussions-nous dit à ceux qui en contestent l'existence et la nécesrité , que les miracles .de la Providence se sont déployas dans le monde ; où en sont les traces , où en sont les preuves dans l'espace , dans le temps ? Nulle part , selon vous ! la religion n'a point affaire ici avec la science I étrange principe ! On a soutenu quelquefois, à la vérité, que la sdence était en opposition avec la Bible, mais c'était avec la Bible mal comprise et servilement expliquée , ou bien il s'agissait d'une science tantôt mal digérée , tantôt volontairement fausse. Quoi donc, redoutant pour le saint Livre les investigations de la science , vous les voudriez séparer ! Mais ce genre de protection serait*-il bien le meilleur ? Quand de toutes parts le flambeau des études critiques et historiques verse. par torrents sa lumière , la Bible pourrait-elle bien s'en passer? n'y aurait-il pas à craindre, en ces circonstances, qu'on ne la regardât bientôt comme obscure, qu'on ne finit par l'oublia
et par la dédaigner ? C'est au contraire la comparaison « avec toutes les connaissances humaines qui constitue véritablemept son autorité; c'est parce que l'Écriture est en merveilleux accord, avec une philosophie digne de ce nom, avec l'étude des antiquités^ la géographie, l'histoire, qu'elle peut espérer de maintenir à jamais son règne. La Bible n'a rien à craindre d'une science uniquement fondée sur la vérité , elle la défie de lui porter un démenti^ parce qu'elle-même est aussi une vérité; et si parfois une érudition en apparence contraire à l'enseignement révélé semble reporter l'antiquité des nations au-delà de tout calcul scripturaire , la faute en*est à des intentions de prime abord contraires à la Bible ^ à des recherches peu scrupuleuses en fait d'exactitude ou à des travaux sans critique.
Mais la chronologie peut , comme les autres sciences*, porter son tribut de preuves aux archives de la foi chrétienne. Sans doute elle n'a pas encore dit son dernier mot : aux yeux de plusieurs , quelques parties de notre œuvre en particulier ne présenteront sûrement qu'une probabilité plus ou moins forte, quelques parties pourront tôt ou tard être convaincues d'erreur. £t néanmoins , grâce aux rapprochements dont nous avons seulement augmenté le nombre, quelles dépositions remarquables la science des dates ne peut-elle pas déjà faire entendre ! Elle peut bien signaler ici un récit traditionnel peu digne de créance ^, là un passage dont il a disparu quelques mots; elle peut bien montrer tantôt quelques synchronismes peu exacts , tantôt des chiffres où il ne faut voir que des nombres indé-
* Les jadicatnres de Tolah et de j air, Jug» x, 1-5 ; ^oir plus haol p.
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terminés. Mais le soleil a ses taches et il n'en éclaire pas moins Tunivers. Quand ks noms d'un Rhansès j d'un Sisac; d'un Zarach, d'un Sua, d'un Néchao, d'un Aprîès , enregistrés depuis tant de siècles par les historiens sacrés, se retrouvent sur ies monuments; quand les hiéroglyphes, déterrés de la poussière et des ténèbres qui les couvraient depuis si long-temps , déroulent les vies de ces Pharaons dont Fhistoire était si confuse, il faut bien, malgré qu'on en ait, éprouver de l'admiration. Gloire, faut-il dire, au savant français qui , faisant après tant d'années parler la pierre et les papyrus, a fourni à la vérité historique des saints Livres des preuves nouvelles et irrécusables ^ ! gloire à ces Livres mêmes qui ont pu se munir d ayance de tels gages d'authenticité ! gloire enfin au Dieu qui leur avait préparé dés long-temps de tels té^ moignages pour l'instruction des âges futurs ! N'eât-on jamais cru encore à ces divins récits , on aura donc là , si l'on est sincèrement ami de la vérité , un nouveau
* Nous n'ignorons pas que le système de Ghampollion a été et est encore Tobjet de vives attaques. Mais y a-t-il là quelque chose qui doive surprendre? Il y a des hommes tellement jaloux des supériorités et des réputations éclatantes, qu'il leur en coûte peu de contredire et de nier, pourvu qu'ils renversent D'ailleurs le Christianisme est dès long-lemps habitué aux efforts de ceux qui veulent ébranler toutes les bases sur lesquelles il peut s'appuyer. Cris impuissants! fureurs bizarres! Qu'an lieu d'articles de journaux ou de pamphlets toujours négatifs, toujours desséchants , ces critiques habiles édifient quelque chose de solide , qu'au lieu d'ôter à nos 4|nnales sacrées les appuis qui les soutiennent , ils leur en fournissent de nouveaux , et on les reconnaîtra pour amis de la vérité. Mais tant qu'ils ne nous auront pas construit une maison , nous ne quitterons pas la nôtre; tant qu'ils n'auront pas édifié un système aussi bien d'accord avec l'Écriture que celui de Ghampollion , nous garderons ce dernier. La Bible et Ghampollion se tiennent mutuellement lieif de preuve.
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moyen de la reconnaitre ; et quand ; appuyé sur ces fondements de l'histoire^ on se sera élevé à tout ce que l'Écriture contient d'important ^ à ce qu'elle renferme de vérités sublimes , de préceptes sanctifiants , de con^ solations , d'espérances , on pourra dire avec accents de louanges : J'ai examiné toutes choses et J'ai retenu ce qui est bon.