‹ La chronologie sacrée, basée sur les découvertes de ChampollionChapitre 6 sur 26 · INTRODUCTION* XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION* XI

pas besoin de preuves , les tableaux que ce texteci est destiné à justifier et qui en sont l'application indispensable, suffiront à présenter les synchronismes les plus importants ^

On s'étonnera peut-être que je fasse peu mention des savants auteurs qui, dans les temps modernes, se sont occupés de chronologie : mais la plupart, et entre autres Jos. Scaliger^^ Usher ^, Pétau^, n'ont tenu auc:un compte de la version des Septante dont j'adopte le système , et Us ont de plus ajouté une foi trop implicite aux renseignements de Bérose et à ceux de Ptolémée qui l'a copié ; en outre ils ne connaissaient pas les immenses ressources que la chronologie comparée doit aux découvertes de Ghampollion. Si donc, tandis que ces auteurs n'évaluent qu'à 8960, 4oo4 ou 3983 ans la durée du monde jusqu'à J--C., je calcule moi-même cette période à 5i93 ans , je m'écarte bien moins qu'eux de Clément d'Alexandrie qui en évalue 6624 , de Joseph qui en compte 5555 , de Nicéphore de Gonstantinople qui en admet 55oo , et surtout du Martyrologe romain, de Vincent de Lérins, d'Ëusèbe de Gésarée qui en comptent 5200^. En présence

* Ces tableaux ne paraîtront que si le système que j'expose dans ce travail et qui en est la base obtient quelque approbation.

' De emendaitone temporum, Genevs, 1620, folio.

* Annales Feieris et Novi TeatamentL Genevae, 1722, folio.

* Ratiotiarium temporum. Goloniœ, 1720, 2 v, 8°.

* Riccîoli , Clironologiœ reformata tomi m pp. 290-292. Bononix»

XII QHRONOLOGIE SACREE.

de cautions aussi respectables , je puis espérer qu'on ne me demandera pas pour l'ensemble de mes calculs des certificats de légitimité.

Favorisé de quelques matériaux encore oubliés ou inconnus , je viens dire ce que j'ai vu ; après les Nombreux systèmes qu'on a proposés et qui successivement ont croulé devant l'examen , je viens en indiquer un nouveau : il serait bien présomptueux à moi d'affirmçr d'avance qu'il doit satisfaire dans toutes ses parties. Mais , si j'ai le bonheur d'apporter ici quelques pierres qui puissent hâter la construction de l'édifice , parmi les contributions que la science "fournit chaque jour à la foi , si j'ai le bonheur de faire accepter aussi mon obole , je serai plus que récompensé. Que d'autres après moi, profitant de mon travail, indiquent les erreurs dans lesquelles je suis tombé et qu'ils approchent encore plus que moi de la vérité , je m'en réjouirai avec eux ; car l'authenticité des annales sacrées en brillera d'un plus vif éclat , et le Christianisme en remportera de nouveaux triomphes ; si , au contraire ^ je n'ai découvert la vérité sur aucun point, si j'ai fait complètement fausse route, j'espère du moins qu'on excusera la composition de cet ouvrage en considération du but religieux qui me l'a fait écrire.

Oui, c'est dans un but religieux, c'est pour donner aux dates bibliques une base solide que j'ai entrepris et poursuivi ces recherches : et cepen-

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dant, plusieurs renseignements des auteurs sa* crés se trouvant convaincus d'erreur par suite de ces recherches mêmes, on se plaindra d'y voir une grave atteinte portée à l'inspiration historique. Dieu me préserve de jamais combattre l'enseignement révélé de la Bible ! Mais il s'agit de savoir si toutes les lignes et tous les mots des écrits sacrés ont été réellement révélés par le Saint-Esprit ^ ou si Dieu n'a pas laissé pour maint détail livrés à eux-mêmes les auteurs qui écrivaient sous sa direction générale : et cette question-là doit se résoudre, non par un respect aveugle conçu d'avance pour toutes les parties du Livre des livres , mais seulement par un examen impartial des faits. Que si les Saintes Écritures offrent des détails impossibles à concilier entre eux ou avec d'autres faits clairement démontrés par l'histoire profane, faudra-t-il fermer les yeux et persister à croire à l'inspiration de l'ensemble plutôt que

* On s'est très-souvent servi, pour soutenir l'inspiration de la Bible entière, cTun passage que Paul adresse à Timothée et qui est ainsi conçu : nâaa '^fo.fh htômtwnoç %aX àçlXipMç ivpbç ^i^ooxotXîav , irpo; etc. 2 Tcm. lil, i6. Mais l'interprétation qu'en ont donnée la plupart des versions françaises en le rendant par , Toute C Écriture est divinement inspirée et utile pour enseigner, pour etc. ^ est inexacte. Car, dans le grec l'absence d'article déterminé montre que le sujet se compose de irSaa *(^fn Osotcveuaroç, et non pas seulement de icaaa ^pa^, et que par conséquent le verbe sousentendu, <9n, doit se placer immédiatement avant mX et non avant 6ioicvvMToc. Dès-lors, le passage doit se traduire par» Toute écriture divinement inspirée est aussi utile pour enseigner, pour etc. , et c'est en effet de cette manière que l'ont entendu Tbéodoret, la Vnlgate, la Version syriaque, Luther , et une foule d'autres interprètes.

Xiy CHRONOLOGIE SACREE.

d'y voir franchement une erreur des hommes?

Je crois que cette méthode serait plus contraire au respect qu'on doit témoigner à l'œuvre de Dieu qu'elle ne lui serait favorable ; car ceux qui ne veulent croire que parce qu'ils ont vu, ne croiraient jamais, si on voulait les instruire dans un tel esprit. Ah ! plutôt , ne défendons que ce qui est vraiment défendable ^ . La crédibilité des Saints Livres s'appuie sur des preuves assez solides et nombreuses pour n'avoir pas besoin de témoignages faibles et capables d'être contestéa. On réussira bien mieux à ramener les âmes captives à la Révélation en leur faisant connaître d'avance la part de Dieu et la part des hommes, qu'en invoquant le prestige d'une inspiration générale qui serait peut-être en opposition avec

^ DeuK hommes dont on ne suspectera p«$ l'orthodoik , les professeurs Twesten et Tholuck , ont reconnu Tabsence d'inspiration pour les détails historiques des Livres Saints : « On alla trQ{> loin, At le premier, » en attribuant à tout et à chaque chose dans TÉcriture une infaillibilité » absolue , en sorte qu'on n'admit aucune faute importante dans ce qui » concernait la croyance et la conduite , mais que de plus on n'admit » aucune erreur de mémoire dans des points accessoires , dans des dé- » tails de chronologie, de topographie ou d'autre nature. ... Pourquoi » donc soutiéndrait-on que, même en* de pareils points, aucune erreur » n'est possible? Cette opinion jette Hnterprétation sciipturaire dans des » difficultés insurmontables. » Twesten, f^otlaungén ùbtr dU Dogmaiik, J^^â. SS. àUi 415. 3t««Â. Hamburg, istà. « Nous trouvons, dit » Tholuck en parlant de l'inspiration , une absence de complet sons le » rapport de la forme , dans la dépendance où sont les Apôtres du degré

• de culture de la société qui les entoure , dépendance telle que la me-

• sure de leurs connaissances historiques, physiques et astronomiques » ne dépasse pas ce degré. » Tholuck, Komm, u Br, an, d, Hebr. St^^ A. Hamburg, i840. Einl., JL vi, S. 9â.

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