‹ La chronologie sacrée, basée sur les découvertes de ChampollionChapitre 5 sur 26 · II. Gomme le peuple juif a dû soutenir et a · texte numérisé non relu

II. Gomme le peuple juif a dû soutenir et a

LA

Vfll CHROnOLOGlB SACKEE.

nombreuses, et, au premier abord, on peut croire quelles auraient dû suffire; néanmoins les variantes et les différences y fourmillent, même chez les abréviateurs de Manéthon : il était donc impossible d'en rien déduire de bien positif sur les dates de l'histoire égyptienne , et par conséquent sur celles de l'histoire juive.

Bt) Mais enfin l'écriture sacrée de l'Egypte , les hiéroglyphes , incompréhensibles pendant tant de siècles , se isont laissé expliquer par la pénétration d'un savant français ; l'oracle si long-temps muet a parlé , et GhampoUion le jeune, déchiffrant les inscriptions, les cartouches, les stèles, les pyramides , les tombeaux et les papyrus , a enfin dévoilé les fastes de la terre des Pharaons. Il a vu promptement marcher sur ses traces son propre frère, ChampoUion-FigeacS le pasteur Coquerel même ^, et l'abbé Greppo ^ ; ces savants avaient hâte d'exploiter la mine si féconde qu'il venait d'ouvrir aux amis de l'histoire profane et de l'histoire sacrée. Cependant il n'était pas possible que , d'un seul pas j Cbam-

avec cette dernière par Haymann sous ce titre-ci : Daniellatig der JEgypiuchen Mythologie verbunden mit einer krititchen Untersuchung der VeberbUibsel der MgyptUchen Chronologie, Bonn, i837.

' Bétvmé complet de chronologie générale et spéciale, Paris, i830.

^ Deux lettres sur le système hiéroglyphique de Champollion, considéré dans ses rapports avec l'Ecriture, — Essai historique et critique sur les dates de la Bible.

* Sssai Fur le 'système hiéroglyphique de Champollion , appliqué à la mtique sacrée, Paris, 18219»

INTIK>DUCnON. IX

pollion le jeune fû£ arrivé à la connaissance parfaite de la vérité. Son système avait été exposé à quelques attaques ^ ; d'une part, sësjettres au duc de Blacas sur le musée de Turin ^, et de l'autre ses lettres écrites d'Egypte et de Nubie ^ présentaient des différences notables ; ce dernier ouvrage annonçait encore de nouvelles découvertes qu'il ne put , hélas ! publier lui-même , et ce n'est que depuis que ChampoUion-Figeac a fait connaître dans un travail tout récent les derniers résultats auxquels son infortuné frère était

* Champollùm , Lettre au duc de Blacas d'Àulps, sur le nouv, sysï. hicrogL de MM, Spohn et Seyffarth. Florence,' 1826. Plas récemment, dans un article remarquable que le D' Dujardin a fiait paraître dans le tome vu de la Revue des Deux Mondes (année 1836), sur les Hiéroglyphes et la langue égyptienne, il a tenté de montrer que Ghampollion le jeune n'avait point encore réussi dans la difficile interprétation des écritures sacrées de rÉgypte. 11 serait vrai que Tinfortuné voyageur n'a pas déchiffré d'une manière satisfaisante la partie symbolique des hiéroglyphes, qu'il a certainement découvert du moins l'alphabet des signes phonétiques dont les Égyptiens faisaient usage dans les noms propres. « Avoir fixé , dit » M. Dujardin , la valeur propre à chacun des caractères hiéroglyphi- » ques qui composent les noms propres , voilà la part que réclame » M. Ghampollion, et que personne ne loi conteste. > Cette déclaration suffît pour justifier le système de Ghampollion dans son application chronologique, la seule dont nous nous occupions; nous en prenons acte. Un tel témoignage aura d'ailleurs d'autant plus de poids quand on en aura rapproché celui d'un nouveau critique , M. de Goulianof. Voici comment il s'exprime dans un ouvrage tout récent sur le compte du célèbre égyptçlogae : • S'il a par le fait de ses applications bien souvent » violé sa théorie , cette violation, préjudiciable à son autorité, ne porte » aucune atteinte à l'évidence du principe phonétique établi dans ses » ouvrages. » Arehéobgie égyptienne, 1. 1, préf. p. 39, Leipzig, 1839.

^ Lettres au duc de Blacas d^Aulps , relatives au Musée royal égyptien de Turin. Paris, 1824-26.

' Lettres écrites d*Égypte et de Nubie, 1828r.99. Paris, 1833.

X GlIReNOLOGIE SACREE.

arrivé * , qu'il a été possible de reconstruire avec quelque sécurité la chaîne des souverains de régypte et la durée de leurs règnes successifs. Dès-lors y la chronologie de ce pays n'est plus sujette au doute ^, et les monuments, donnant raison le plus souvent à Ëusèbe et quelquefois à Jules Africain , ou à d'autres , ont déterminé avec solidité les différentes époques de l'histoire d'Egypte et , partant, de l'Histoire Sainte.

^"^ Les Juifs se trouvèrent successivement et bon gré mal gré en communication avec l'Assyrie , la Phénicie , Babylone , la Perse , la Grèce et Rome : l'histoire de ces différents .pays doit contribuer aussi à la fixation des dates désormais plus faciles à découvrir. Mais, comme je ne serai point appelé à en faire un usage constant, je n'en discuterai les témoignages que là où les relations des Israélites avec ces contrées étran^ gères le nécessiteront. D'ailleurs , là oii il n'est

* Ce travail a para dans YVniven pittoresque sous le titre : Egypte ancienne, Paris, 1839. Les mêmes doeuments ont été pnbUés avsrî, mais sur un plan différent , dans le grand onvrage intittrié : ^fofiitmentê (l'Egypte et de Nubie.

^ Lors même qoe dans certains passages ( entre autres Egypte {tneiênnê, pp. 264b-265a) Ghaoïpollion-Figeac paraît favorable aux prétentions des Égyptiens aune antiqnilé fabuleuse, la distinction qu'il feitdans leur chronologie (p. 265 b ), entre une partie historique fondée sur des monuments contemporains et une partie systématique qui n'est pas fondée sur de tels monuments , montre bien qu'il n'a point admis ces pré* tentions. Son Résumé de Chronologie, qui renferme Tbistoire du monde dans un espace d'environ S 000 ans depuis le déluge, en serait au besoin une dernière preuve.

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