‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 110 sur 350 · Mémoires, t. III, p. 18G · texte numérisé non relu

Mémoires, t. III, p. 18G

à M. de Galonné; peut-être même, en voyant le déchaînement naître, n'eût-il pas osé soutenir son collègue à raison de la grande circonspection avec laquelle il a toujours marché. Mais il est à croire qu'il eût pu conseiller une conduite mieux calculée, par l'habitude qu'il avait de toutes les grandes affaires. » Malgré sa prudence habituelle, M. de Vergennes était le seul homme d'État de l'époque qui se fût associé franchement aux projets de Galonné, parce qu'il croyait leur réussite indispensable au rétablissement des finances, et parce qu'il désespérait de suivre à l'extérieur une politique honorable avec la perspective d'une banqueroute imminente. Quoi qu'en dise Besenval, il eût secouru Galonné au début de l'assemblée des Notables : il n'eût pas laissé naître et se développer ce « déchaînement unanime », qui prouve plus de passion que de patriotisme; il eût écarté les questions de personnes, déjoué les mesquines intrigues, et ramené les débats sur leur véritable terrain, celui des intérêts de la monarchie. Il jouissait de la considération publique, il possédait la confiance du souverain. Si le cours des événements pouvait être encore modifié, personne n'était plus capable que M. de Vergennes de leur imprimer une meilleure direction. Après sa mort, l'issue qu'entrevoyait déjà Mirabeau devenait presque inévitable.

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