‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 109 sur 350 · RETARDS ET CONTRETEMPS · texte numérisé non relu

RETARDS ET CONTRETEMPS

valent bien qu'on ne la critique pas, du moins avant qu'elle ait avorté (!). » Le 6 février, nouvelle lettre : « Les santés ministérielles ne sont point encore bonnes, et cela retarde les alYaires de tout genre et nommément les miennes... Nous sommes ici dévorés de calembours, dans l'occasion la plus solennelle qui ait jamais fixé les regards d'une nation..'. C'est un marchand de petits bonshommes qui disent toujours oui par un signe de tête, et qui, embarrassé de sa marchandise, crie : d quatre soif s les Notables! et vend tout à l'instant. C'est le discours du roi à l'assemblée qu'on annonce en cinq mots : Simulacra gentium, argentum et aurum. Eh ! sommesnous donc empreints d'une indélébile légèreté? » Une dernière fois, Mirabeau écrit encore (13 février) : « La crise des santés ministérielles, celle de la convocation des Notables, celle des affaires de tout genre qui s'agitent et se brassent, et par-dessus tout un travail non moins pénible que pressé qu'il m'a fallu entreprendre aussitôt mon retour absorbera tous mes moments et toutes mes pensées jusqu'au 22 ^.. »

Le jour même où Mirabeau, voulant qualifier la crise à laquelle il assistait avec impatience, ne trouvait pas d'expressions plus justes que celle-ci : la crise des santés ministérielles, le comte de Vergennes mourait à Versailles. Ici, tout le monde est d'accord. Eu égard aux circonstances, cette mort prématurée prenait les proportions d'un malheur public. « Ce n'est pas, selon moi, dit Besenval S que ce ministre eût été d'un grand secours

1. Dans cette même lettre, Mirabeau s'exprime ainsi sur la place de secrétaire de l'assemblée des Notables qu'il désirait vivement obtenir. « La place de secrétaire des Notables a été divisée et donnée pour moitié à une nature d'hommes qui m'en excluent et surtout pour moitié à un homme avec qui je ne veux et ne puis vouloir rien. ^) On sait que les deux secrétaires choisis furent Hennin, secrétaire du conseil d'Etat et du cabinet du roi, et Dupont (de Nemours), alors commissaire général du commerce.

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