‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 114 sur 350 · Droz, Hist. de Louis AT/, t. I, p · texte numérisé non relu

Droz, Hist. de Louis AT/, t. I, p

Cependant, la suite a prouvé que Galonné n'avait pas lieu de fuir un débat contradictoire dont l'issue devait lui être favorable. Si les États au vrai des exercices 1780 et 1781 eussent été déjà arrêtés par le conseil des finances, il aurait suffi de les invoquer. Puisque les tristes habitudes de Fancien régime privaient Galonné de cette ressource décisive, il n'avait qu'à produire les pièces, sur le vu desquelles s'est effectuée la vérification régulière et concluante de 1788. Aussi, dès qu'il a pu élever la voix, il n'a pas manqué de protester contre la situation fausse qui lui avait été imposée. Après sa disgrâce, dans la Requête qu'il adresse au roi et au public, il déclare expressément que les mesures prises contre Necker l'ont été malgré son avis. Loin de refuser des explications qu'il croyait indispensables *, il a lui-même sollicité l'autorisation de paraître avec son contradicteur « en présence d'un nombre suffisant de commissaires choisis dans l'assemblée des Notables ». Il soutenait alors qu'une conférence ainsi réglée serait féconde en résultats utiles, et les événements postérieurs ont confirmé la justesse de ses prévisions. « Il est impossible, ditil, de ne pas regretter que cet examen n'ait pas eu lieu complètement, quand on considère les dangereux effets qu'a produits une incertitude qu'il était bien important de ne pas laisser subsister ^ » Et c'est au roi que Galonné adresse ce reproche. Et jamais le moindre démenti n'a ébranlé la confiance due à des assertions si positives.

1. « J'avais fort à cœur que mes assertions... fussent constatées par l'examen le plus approfondi, et j'avais proposé à Votre Majesté que, en ce qui concerne la situation de 1781, elles le fussent contradictoirement avec M. Necker lui-même, en présence d'un nombre suffisant de commissaires choisis dans l'assemblée des Notables. Il me paraissait évident qu'après celte vérification, et lorsque tous les renseignements raisonnablement désirables auraient été fournis sur tous les points, des opinions fixes succéderaient à d'utiles débats, et des résolutions calmes au trouble inquiet que le premier apperçu d'un grand vuide avait pu naturellement occasionner... » [Requête au roi, p. 136.)

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