IRRITATION DES NOTABLES
serva d'autre sympathie que celle de la duchesse de Poligiiac, de son ami le comte de Vaudreuil, qui l'avaient porté au contrôle général, et celle du comte d'Artois, habitué à faire cause commune avec la coterie de la duchesse. Ce n'était pas assez pour préserver Louis XVI des obsessions qui l'ébranlaient déjà.
Encouragés par cette défaillance, les Notables abandonnent l'examen des mémoires de la troisième division, et se livrent à des attaques rétrospectives contre l'administration de Galonné, «jusque dans les objets où, comme il le dit lui-même dans sa Requête au roi\ elle est tellement liée à la chose publique qu'on ne peut attaquer l'une sans nuire à l'autre. » On ne parle plus que de déprédations et de dilapidations. M. de Nicolaï, président de la cour des comptes, avance que plusieurs marchés relatifs aux domaines royaux cachent des tripotages indignes. Soutenu par l'évêque de Langres, Lafayette insiste et cite comme exemple l'échange du comte de Sancerre négocié avec M. d'Espagnac. Le lendemain, le comte d'Artois, qui n'a pas encore abandonné Galonné, déclare au bureau qu'il préside que le roi, auquel il a rendu compte de la séance précédente, ne saurait tolérer des imputations si graves contre un ministre, à moins qu'elles ne soient écrites et signées par les accusateurs. Aussitôt Lafayette, interprétant les paroles du roi comme une espèce de permission, prie le comte d'Artois de l'en remercier ; et peu après il dépose entre les mains de ses collègues une note signée de lui, dans laquelle, renouvelant ses attaques contre l'administration générale de Galonné, il réclame « un examen sérieux par personnes non suspectes * ».
Nous voilà bien loin des questions d'avenir qui avaient motivé la convocation des Notables. Il ne s'agit plus des