‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 130 sur 350 · Histoire du gouvernement français^ p · texte numérisé non relu

Histoire du gouvernement français^ p

2. Voyez encore VUistoire du gouvernement français, p. 17. Tous les historiens admettent que, dans sa réponse, Louis XVI a formellement reconnu qu'il avait autorisé la publication de Calonne.Voyez entre autres Droz. t. I, p. 376.

débats ils oubliaient les affaires publiques, les embarras du trésor; ils risquaient d'augmenter la prétendue fermentation dont ils se plaignaient tous; ils ne témoignaient pas le moindre souci des volontés royales, qu'ils ne pouvaient maintenant ignorer !

La faiblesse de Louis XVI s'était déjà manifestée par des signes encore moins équivoques, si l'on en croit les affirmations précises de Besenval K « Le duc de Nivernais, étant venu chez le maréchal de Ségur, où j'étais tête à tête avec lui, après nous avoir lu l'arrêté, qu'on l'avait chargé de rédiger dans le bureau de M. le duc de Bourbon, et nous en avoir demandé notre avis, nous ajouta que, s'étant trouvé le matin sur le passage du roi, qui allait à la messe, ce prince, en le tirant à part, lui avait dit : Ne croyez pas que, dans Vannonce de M. de Calonne, on ait eu en vue de vous fâcher; qu'à cela il avait répondu que la plus grande peine des Notables était d'être souvent contraints d'opiner contre ce qui serait le plus agréable à Sa Majesté ; et que le roi lui avait répliqué avec bonté, en le quittant : Opinez selon votre conscience. » En d'autres termes : ne vous gênez pas, vengez-vous de mon ministre, c'est une satisfaction dont je n'entends pas vous priver. Au reste, Louis XVI n'avait jamais eu la force de résister à la pression de la cour, et la cour partageait la fureur des Notables. Elle était trop intéressée au maintien des privilèges et des abus pour souffrir une tentative quelconque de réforme. Elle n'admettait pas non plus qu'une puissance nouvelle, le tiers état, fût appelée à émettre un avis, à exercer une influence sur les affaires publiques. La conduite de Galonné « ne put même être défendue 2 par le petit nombre d'amis qu'il avait et réunit les indifférents à la foule de ses ennemis ». Il ne con-

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