‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 149 sur 350 · Mémoires de Weber, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Weber, p

RÉSULTATS GÉNÉRAUX DE l'ASSEMBLÉE 227

silence le plus respectueux est, dans ce moment, notre seul partage *... » On ne pouvait annoncer en termes plus clairs que les magistrats se réservaient d'élever la voix à leur tour, quand les plans ministériels, convertis en édits, seraient soumis à leur enregistrement. L'Assemblée, qui devait rétablir la paix dans les esprits en même temps que l'ordre dans les finances, laissait tout en suspens et se terminait par des menaces de guerre.

Avant de la quitter, complétons le tableau des résultats qu'elle a déjà produits, sans compter encore ceux qu'elle produira bientôt.

Au moment où elle se sépare, c'en est fait des illusions, qui naguère dérobaient aux regards l'approche d'une crise imminente. La royauté française n'apparaît plus comme une puissance indestructible, inébranlable. Elle vient de révéler le défaut de sa cuirasse; elle a même laissé percer le trouble et l'effarement que lui cause sa propre faiblesse. Désormais, on sait que les efforts d'une opposition sans scrupules l'embarrassent et la déroutent; on connaît le moyen de lui arracher quelques-unes des réformes si longtemps attendues. Une lueur d'espérance ranime le courage des cœurs les plus abattus. « Quand un mur est trop haut, dit excellemment M. Taine % on ne songe même pas à l'escalader. Mais voici que le mur se crevasse, et tous ses gardiens... jusqu'au

1. Les Mémoires de Weber, eodem, relèvent aussi, dans le procès-verbal de la séance du 25 mai 1187, cette phrase de Lamoignon : « Vous avez été le conseil de votre roi ; vous avez préparé et facilité la Révolution la plus désirable, sans autre autorité que celle de la confiance, qui est la première de toutes les puissances dans le gouverneuicnt des Etats. »

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