‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 15 sur 350 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

en pays d'état : elle ne peut s'en passer, parce que ces états sont les uns mal constitués^ les autres imparfaits, tous trop nombreux, trop bornés et nécessairement occupés de leurs intérêts exclusifs, nullement de ceux de la généralité. Il n'y a que le Béarn, la Navarre, la Soûle, le Bigorre, le Nébouzan, et Foix, où les di-'

vers ordres de citoyens soient convoqués en

vrais corps d'états. » Mais les autres parties de la province, sans posséder des états proprement dits, étaient régis par des assemblées représentatives, présentant quelque analogie avec l'assemblée des communautés provençales : ainsi, continue le mémoire, « Les Quatre -Vallées, convoquées en un seul corps d'état, dans le lieu d'Arreau. — Les Bastilles et Ville de Montde-Marsan réunies de même en un seul corps d'état, dans ladite ville de Mont-de-Marsan. — Le Labour et Ville deBayonne, également assemblés en un seul corps d'état, dans ladite ville de Bayonne. » Ce n'est pas tout encore. Au milieu de cette fourmilière d'états, complets ou imparfaits, se glisse un petit pays d'élection, l'élection de Dax ou des Landes; en tout, comme dit très bien le mémoire, onze ou douze administrations diverses et indépendantes l'une de l'autre, dans une seule généralité. A la rigueur, l'intendant, placé sur les lieux, parvient à se reconnaître dans ce gâchis, sauf à se plaindre du tracas qu'il lui cause. Mais à Paris, comment voulez-vous que les bureaux des ministres s'y retrouvent, étant admis que, dans tous les coins du royaume, l'administration centrale est entravée par des singularités non moins étranges?

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