‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 153 sur 350 · LA PREMIÈRE DÉCHÉANCE DE LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE DÉCHÉANCE DE LA ROYAUTÉ

I. Enlrcc en scène du Parlement. — II. Origine et développement de sa puissance. — - III. Esprit qui l'anime en 1787. — IV. Méthode suivie par Brienne. — V. Discussions que soulève l'ôdit du timbre. — VI. Discussion sur la subvention territoriale et arrêté du 30 juillet. — VII. Le lit de justice et le discours du président d'Aligre. — VIII. Hésitations et faiblesses du gouvernement. — IX. La dénonciation contre Galonné et l'arrête du 13 août. — X. La translation du Parlement à Troyes. — XI. Les arrêtés de la Cour des comptes, de la Cour des aides et du Châtelet. — XII. L'échauITourée parisienne et les débuts de la Révolution.

Jusqu'au dernier jour de la session des Notables, les parlements avaient su conserver une attitude pleine de prudence et d'habileté. Relégués au second plan de l'attention publique, ils s'étaient imposé la règle de s'effacer complètement. Celui de Paris venait d'enregistrer, sans mot dire, l'emprunt provisoire réclamé par Brienne avec l'assentiment des bureaux. Mais cette abnégation momentanée cachait, de leur part, le ferme dessein de reparaître sur la scène, dès qu'elle ne serait plus occupée par une autorité rivale. Ils avaient même pris soin de se réserver d'avance une entière liberté d'action. Avant l'ouverture de l'Assemblée, les

magistrats, appelés à en faire partie, s'étaient réunis pour concerter entre eux leur conduite. Ils décidèrent qu'ils éviteraient de se prononcer sur les propositions ministérielles, afin de se ménager à eux, et de ménager aux corps qu'ils représentaient, le droit de statuer sans entrave sur les édits, qui seraient tôt ou tard présentés à leur enregistrement. On dirait qu'ils ont eu l'adresse de faire accepter cette tactique dilatoire par la majorité des Notables. Certes, ils ne pouvaient rien souhaiter de mieux, dans l'intérêt de leurs combinaisons particulières, que le résultat final des délibérations. Aucune difficulté n'était résolue; les principales questions demeuraient presque intactes. N'était-ce pas aux parlements seuls qu'il appartenait désormais de les trancher? Aussi, les magistrats n'attendirent pas la clôture pour « rompre le silence et dépouiller le respect» \ Le président d'Aligre se chargea d'annoncer en leur nom qu'aux débats stériles, qui s'achevaient, allaient succéder des débats plus sérieux et plus efficaces.

Les Notables partis, le rôle des parlements commençait.

Ce n'est pas une des moindres singularités de l'ancien régime que la grandeur de la mission politique confiée jadis aux cours de justice. Quelques mots rappeleront l'origine et les développements successifs d'une puissance si contraire aux idées et aux habitudes de la France moderne.

Son origine remonte au commencement du xiv*" siècle. A cette époque, s'introduisit l'usage d'adresser au par-

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