‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 165 sur 350 · Lois anciennes, t. 28, p · texte numérisé non relu

Lois anciennes, t. 28, p

2. D'après Vliisloire du gouvernement français (de l'abbé Papon), p. 147.

3. Arrêté du parlement du 13 juillet, et Réponse du roi, du 16. Bibliothèque nationale, Lbao, n" 375.

chambres du parlement étaient réunies en assemblée générale. Irritées de Tinsuccès de leurs premières tentatives, elles préparaient une adresse au roi, pour lui demander le rapport pur et simple de l'édit du timbre. Chacun exagérait à plaisir les inconvénients de cet impôt. Entre temps, on revenait sur la communication des états de recette et de dépense, dont on affirmait toujours l'indispensable nécessité. Tout à coup, une voix s'éleva, qui disait : « Ce ne sont pas des états de finance qu'il nous faut, messieurs, ce sont des Etats généraux! » Cette voix était celle d'un conseiller clerc, l'abbé Sabathier de Cabre, « homme assez mal vu dans sa compagnie, qui l'avait soupçonné d'avoir des liaisons avec Calonne \ » Depuis, on a prétendu qu'il était l'organe de quelque faction secrète. Rien dans sa conduite ultérieure, pas plus que dans sa conduite passée, ne justifie cette imputation. Ceux mêmes qui l'accusent sont obligés de reconnaître que, durant tout le cours de la Révolution, il ne s'est fait remarquer dans aucun parti \ L'idée flottait dans l'air : il eut le mérite de prononcer le mot, un de ces mots qui saisissent l'attention et se gravent aisément dans la mémoire.

« On fut étonné, s'il faut en croire un de ses auditeurs, mais on l'écouta ^ » Est-il bien certain que ses paroles aient causé tant de surprise? Les anciens conseillers avaient eu déjà l'occasion d'entendre retentir, sous les voûtes du palais, quelque proposition du même genre. Le 2 novembre 177/i, quand Louis XVI vint, en lit de justice, réinstaller les magistrats qu'avait chassés Maupeou, l'avocat général Séguier, dans son discours d'apparat, s'était permis une témérité analogue. En l'entendant parler des Etats généraux, on raconte que « le

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