Sallier, Annales françaises, p
DISCUSSIONS SUR l'ÉDIT DU TIMBRE 255
convaincus de la nécessité des moyens qu'elle met en usage^ et du rapport actuel de ces moyens avec les besoins de l'Etat. Mais, s'il est vrai que les peuples doivent être convaincus après l'enregistrement, il paraît indispensable que votre parlement le soit auparavant, la conviction ne devant pas suivre la vérification, mais la déterminer *. » A cette espèce de mise en demeure, le roi répondit par une déclaration du 8 juillet. « L'examen, disait-il, que mon parlement demande de faire, n'est pas dans l'ordre des fonctions qui lui sont confiées. Il ne peut se dissimuler mes résolutions, et moins encore se permettre de douter de leur accomplissement. L'engagement que j'ai pris de rendre public, à la fin de cette année, les états de recettes et de dépenses, en est un gage certain. » Le roi faisait observer en même temps que ce n'était qu'à cette époque qu'il était possible de publier ces états avec toute la perfection désirable ^ Il ajoutait que la demande du parlement, outre qu'elle était contraire à ses attributions et à ses habitudes, était inutile et oiseuse, puisque les états réclamés avaient été soumis aux notables, parmi lesquels plusieurs magistrats en avaient pris une ample connaissance. Cette réponse péremptoire ne convainquit personne, par l'excellente raison que personne ne voulait être convaincu. Le parlement revint à la charge dans un nouvel arrêté, auquel le roi prit encore la peine de répondre avec autant de fermeté que de douceur ^ C'est alors que se produisit un incident soudain, qui modifia profondément la face des choses et lança la France dans une série d'aventures dont elle ne devait sortir que par une catastrophe. Le 16 juillet 1787, jour à jamais digne de souvenir, les