‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 167 sur 350 · Annales françaises, p · texte numérisé non relu

Annales françaises, p

2. « Les excès même de la Révolution, continue Sallier, n'accusent pas même sur cela sa prudence : et, si l'on suit avec attention la marche des événements, on pourra reconnaître qu'ils ont moins été le résultat de la demande des États généraux que la conséquence de tout ce qui a été fait pour les éviter : car il n'est personne d'instruit qui puisse refuser de convenir aujourd'hui que l'on a donné à la France toute autre chose que les États généraux. »

DISCUSSIONS SUR l'ÉDIT DU TIMBRE 259

que ni les uns ni les autres n'osent plus faire depuis qu'ils ont subi la terrible leçon des événements. A la fin de l'ancien régime, les classes supérieures de la société française, les plus comblées de privilèges et de faveurs, même un grand nombre de courtisans, étaient si dégoûtés d'absolutisme qu'ils avaient fini par éprouver le besoin d'une amélioration quelconque. Le malaise moral, dont ils étaient atteints, les avait conduits peu à peu à chercher un remède dans l'essai d'institutions libres. Ils s'étaient accoutumés à cette idée. Au lieu de les effrayer, elle exerçait sur leur esprit une espèce de fascination *. Vingt fois, en étudiant l'histoire de l'époque, nous y rencontrerons la trace de ce sentiment passager. Il n'y en a pas de preuve plus frappante que la résolution imprévue du parlement de Paris au sujet des États généraux.

Cependant cette résolution n'affecta pas, dès le premier jour, le caractère tranché qu'elle devait bientôt acquérir. A la suite de la séance du 16, la formule adoptée ne répondait qu'imparfaitement aux hardiesses des orateurs. « Il est à remarquer qu'en commençant à céder à ces impulsions, le parlement hésitait encore et ne se livrait qu'avec circonspection et timidité. Il ne prononça pas un refus positif de connaître des impôts : il ne demanda pas d'une nianière absolue la convocation des États généraux; et, tandis qu'il continuait à discuter l'édit du timbre et à déduire les raisons qui devaient le faire rejeter, ce fut en quelque sorte incidemment qu'il parla des États généraux, non pour faire la demande formelle de leur convocation, mais pour émettre à ce sujet un simple vœu ^ » En effet, c'est dans le cours de l'adresse préparée pour réclamer le rapport du nouvel

1. Voyez ce que dit Bésenval du progrès que Vanglomanie, comme il l'appelle, faisait à la cour.

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