‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 168 sur 350 · Sallier, Annales françaisetf^ p · texte numérisé non relu

Sallier, Annales françaisetf^ p

impôt, et à propos de l'absence de limites assignées à la durée de sa perception, que se trouve glissée la phrase suivante : « La nation seule, réunie dans les États généraux, peut donner à un impôt perpétuel un consentement nécessaire. Le parlement n'a pas le pouvoir de suppléer à ce consentement, encore moins celui de l'attester, quand rien ne le constate. Chargé par le souverain d'annoncer sa volonté aux peuples, il n'a jamais été chargé par ces derniers de les remplacer*. » Même réduite à ces termes, une telle déclaration, émanant d'une telle source, ne pouvait manquer de produire une impression profonde, universelle. Les uns s'indignaient de la conduite de ce grand corps, l'un des principaux soutiens de l'ancien régime, « tout à coup s'accusant lui-même d'une usurpation presque immémoriale ; abjurant en un jour, pour renverser l'État, les prétentions qu'il avait arborées pendant des siècles, pour l'agiter; flétrissant du nom d'erreur ce qu'il avait appelé jusque-là les principes constitutifs des parlements ^ » D'autres voyaient, dans ce revirement subit, un hommage rendu aux doctrines nouvelles, une preuve éclatante d'abnégation patriotique, un acte de courage digne des plus grands éloges. Tout le monde se demandait avec anxiété ce qu'allait devenir la monarchie de Louis XIV, si le parlement de Paris avait la force de lui imposer quelquesunes des lois inhérentes aux monarchies constitutionnelles.

L'adresse était votée; mais il semblait qu'on ne pût jamais prendre assez de précautions contre un impôt

1. Arrêté du Parlement du 16 juillet, 4 heures de relevée. Bibliothèque nationale, Lb39, n» 375.

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