‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 173 sur 350 · HÉSITATIONS ET FAIBLESSES DU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

HÉSITATIONS ET FAIBLESSES DU GOUVERNEMENT

lesherbes : la cour préféra attendre les résultats de la délibération que le Parlement venait de continuer au 43 août. Attendre, toujours attendre! Mais la conduite des magistrats devenant de plus en plus choquante, il fallut bien se décider à prendre un parti. « Dans la nuit du 14 au 15 août S les lettres de cachet, signées depuis huit jours, furent portées aux magistrats par des officiers du régiment des gardes. Elles leur enjoignaient de sortir de Paris sous vingt-quatre heures et de se rendre à Troyes sous quatre jours. Ces lettres étaient grattées et portaient des surcharges, qui laissaient lire encore la date du 7 août et le nom de la ville de Sens. » Notez que celui qui nous donne ces détails précis a reçu pour son compte personnel une des lettres dont il parle. Le fait est donc certain. Que faut-il en conclure? Sinon que les chefs du ministère, Brienne et Lamoignon, n'étaient pas plus libres que leurs prédécesseurs d'adopter un système énergique et de l'exécuter rapidement. Evidemment, ce sont eux qui avaient obtenu le premier ordre d'exil, l'ordre immédiat. Survient un de leurs collègues, ancien président d'une cour souveraine,, nourri dans les habitudes de l'opposition parlementaire. Il s'émeut en faveur du parlement de Paris et va trouver le roi. C'en est assez pour tout remettre en question, car Louis XVI ne demande qu'un prétexte pour échapper à la contrariété d'une mesure rigoureuse ^.

Tout le monde connaissait sa faiblesse et tout le monde en abusait. Vit-on jamais spectacle plus déplorable que celui de la cour, à cette même époque, lorsqu'il s'agit d'appliquer les réformes promises aux dé-

Page 1