TRANSLATION DU PARLEMENT A TROYES
due à des actes surannés. Plus d'un, qui, la veille, blâmait la témérité des magistrats, se croyait le lendemain obligé de les plaindre. « Le parlement n'est point exilé, écrit Mirabeau ^ ; il a seulement ordre de rendre la justice à Troyes; c'est une absurde horreur. » En sorte que la royauté encourait, par sa conduite, les blâmes les plus divers, sans s'assurer les chances d'aucun avantage.
Avait-elle donc quelque chose de mieux à tenter? Puisque le parlement de Paris abdiquait tout à coup le droit de sanctionner les édits royaux, il semble que deux systèmes se présentassent naturellement à l'attention des hommes d'État. Le premier consistait â prendre acte des déclarations parlementaires, à constater que désormais le roi n'était plus tenu de partager avec les cours souveraines l'exercice du pouvoir législatif, qu'il demeurait seul investi de ce pouvoir, sauf à en rendre compte à la nation, si les circonstances lui paraissaient l'exiger, et si la nation elle-même, qui n'avait, encore exprimé aucun vœu, formulait une réclamation quelconque. Ce système aboutissait à ressaisir le pouvoir absolu, tel que Louis XIV en avait joui durant tout son règne et Louis XV pendant les dernières années du sien. Le second système consistait à s'approprier les nouvelles théories du parlement, à suivre hardiment la voie qu'il indiquait, et, en s'autorisant de son avis, à convertir la royauté absolue en royauté plus ou moins constitutionnelle, entourée d'institutions assez libérales pour rassurer l'opinion publique, assez conservatrices pour assurer le salut de la monarchie ^
Entre ces deux systèmes, il n'y avait place que pour