BRIENNE MINISTRE PRINCIPAL
fiées? Vers la même époque, un des plus grands capitalistes de France, M. de Laborde, dont le fils était déjà garde du trésor royal, commit Fimprudence d'en accepter la direction. « La chose était publique. Il arriva à Versailles avec son fils, pour remercier ; mais, au moment de tout terminer, tout manqua, heureusement pour lui, puisque, du plus riche particulier de l'Europe, la place qu'il prenait pouvait le rendre le plus pauvre *. » On se perdit en suppositions sur les motifs de cette rupture. Les amis du ministère prétendirent l'expliquer par des exigences inadmissibles, que M. de Laborde aurait manifestées au dernier moment. En général, on ne vit là qu'une preuve de la détresse du trésor et des craintes qu'elle venait d'inspirer à un juge compétent, aussitôt qu'il avait été à même de s'en rendre un compte exact. Non seulement les dettes courantes excédaient les revenus annuels; mais des dépenses extraordinaires, rendues inévitables par la force des choses, menaçaient d'aggraver la profondeur du déficit. En effet, les sages prévisions de Vergennes n'avaient pas tardé de se réaliser. Depuis quelque temps, la France était engagée dans un nouveau conflit, avec la Prusse et l'Angleterre, au sujet des affaires de Hollande. A moins de déserter sa politique traditionnelle, elle se voyait contrainte de déployer son drapeau et de montrer qu'au besoin elle ne reculerait pas devant les frais d'une intervention armée. Aussi le conseil avait décidé qu'un camp d'observation d'une vingtaine de mille hommes serait incessamment établi à Givet. Galonné était encore contrôleur général, il sut recueillir l'argent nécessaire à cette démonstration patriotique, et l'on désignait, à la cour, le marquis de Lafayette comme devant être chargé du commandement des troupes. Sur ces entrefaites, Brienne