‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 192 sur 350 · LE PARLEMENT DE PARIS A TROYES · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT DE PARIS A TROYES

comptes, ouïes délégués de Tuniversité, ou le lieutenant particulier du Ghàtelet*. Tantôt se présentaient les officiers des bailliages de la région voisine, Bar-sur-Seine, Chaumont-en-Bassigny, Sens, Château-Thierry, Mérysur-Seine, Saint-Dizier , etc. Chaque jour, les mêmes scènes se renouvelaient : effusions emphatiques de la part des uns, remerciements empressés de la part des autres ; et pas un mot n'était prononcé qui ne fût aussitôt livré à l'impression et répandu dans toute la France. Il faudrait un long travail pour dresser le catalogue complet de ces publications, oubliées aujourd'hui, mais qui jadis piquaient la curiosité et produisaient une émotion profonde.

La délibération du 27 août devait naturellement se ressentir des excitations au milieu desquelles vivaient les magistrats. Elle se termina par un arrêté « plus attentatoire ^ que tous les autres à l'autorité du roi et plus indécent dans ses expressions, puisque le parlement s'y oublie au point de déclarer le gouvernement capable de réduire la monarchie française à l'état de despotisme, de disposer des personnes par lettres de cachet, des propriétés par des lits de justice, des affaires civiles et criminelles par des évocations ou des cassations, et de suspendre le cours de la justice par des exils particuliers ou des translations arbitraires. » Dans ce même acte, le parlement revient avec insistance sur la nécessité de convoquer les Etats généraux. Le tout est couronné par un ordre donné au procureur général de faire imprimer l'arrêté dans le jour et de l'expédier dans les vingt-quatre heures aux divers tribunaux du ressort. C'était un appel direct adressé à leur esprit de révolte.

Sous le coup de ce défi, le gouvernement eût recours

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