‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 199 sur 350 · Mémoires de Weba^, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Weba^, p

anciens, il rétablit les vingtièmes, supprimés par un édit antérieur, et les prolonge au delà du terme primitif assigné à leur durée ; il consent à ce qu'ils portent désormais sur le revenu de tous les biens « sans aucune distinction ni exception telle qu'elle puisse être »; il s'incline devant la justice de ce principe d'égalité, cause première de son opposition. Lui aussi, il se contredit, il se déjuge : il sacrifie sa dignité aux impatiences de l'exil, et il s'expose à encourir les reproches des parlements de provinces, confus de voir tant de faiblesse succéder à tant d'audace. On a pu dire sans exagération que chacune des parties en présence semblait n'avoir eu d'autre soin « que d'amener l'autre à faire un acte honteux * » .

Si du moins la source de nouveaux conflits eût été tarie! Si la crise financière eût été close! L'importance du résultat excuserait l'inconvenance des moyens. Mais les ressources créées par l'édit étaient notoirement insuffisantes. Aucun doute n'était possible. Avant deux mois, la royauté comme le parlement, le parlement comme la royauté, devront reconnaître en principe l'urgente nécessité de ressources nouvelles et surtout de ressources immédiatement réalisables. Quand il s'agira de les fixer, le conflit, à peine suspendu, renaîtra plus ardent que jamais. Était-ce vraiment la peine de compromettre, en vue d'un si mince profit, la considération attachée aux deux institutions fondamentales de l'ancien régime?

La conclusion de la paix répondit aux préliminaires. Chacun s'empressa d'en finir, de se débarrasser au plus vite d'une préoccupation pénible. L'édit transactionnel fut enregistré le 19. Le 20, une déclaration royale ^ rétablissait à Paris le siège du parlement et créait, suivant la coutume, une chambre de vacation. Dès le lende-

Page 1