‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 198 sur 350 · RENTRÉE DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

RENTRÉE DU PARLEMENT

avait insisté sur son adoption, pourquoi changer tout à coup de principes et sacrifier la dignité royale à l'amour-propre de la magistrature? Ensuite, remarquons-le bien, Brienne ne se borne pas à abandonner la subvention foncière; par Tédit de septembre, il abandonne également redit sur le timbre, ce qui est beaucoup plus grave. D'après les calculs de Galonné, l'équilibre des finances exigeait ces deux espèces de revenu. A la rigueur, on pouvait remplacer l'impôt territorial par les vingtièmes ; mais qu'est-ce qui remplacerait l'impôt sur le timbre? Notez que Brienne, depuis qu'il est ministre, n'a jamais cessé de soutenir que les calculs de Galonné, loin d'exagérer l'étendue des besoins, restaient au-dessous de la triste réalité. A maintes reprises, le roi luimême a confirmé l'assertion de ses ministres. Il a réclamé l'enregistrement des deux édits à la fois, en les proclamant tous les deux indispensables. Puis, devant une opposition presque factieuse, le roi va se donner un démenti formel. Il va faire quelque chose de pis. Il va reconnaître que les vingtièmes suffisent aux nécessités de la crise, ce qui n'est pas vrai, ce que tout le monde sait faux. Gette fois, il va trahir la vérité manifeste, pour capter les bonnes grâces de fonctionnaires qu'il est maître de briser. « Les hommes d'État jugèrent, de ce moment, son autorité compromise * » . Telle est la conclusion d'un contemporain attristé : telle doit être aussi celle de l'histoire.

Ce n'est pas à dire pourtant que la royauté supporte seule tous les frais de la guerre. Dans l'arrangement boiteux qui vient d'être conclu, le parlement n'est guère mieux traité. Après avoir déclaré si haut et si souvent qu'il n'avait pas le pouvoir de sanctionner des impôts nouveaux, ni même de proroger ou d'étendre les impôts

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