‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 225 sur 350 · Mémoires de Weber^ p · texte numérisé non relu

Mémoires de Weber^ p

avaient le plus à espérer ou à craindre. Maintenant, il s'agissait pour eux d'une question bien simple, bien claire, de cette grande question de la liberté individuelle, à laquelle les hommes vivant en société attachent tous un si haut prix. Ici, plus d'hésitation possible. Aussi bien dans les ordres privilégiés que dans le tiers état, les cœurs battaient à l'unisson. Quiconque se chargeait de soutenir la bonne cause pouvait compter d'avance sur les sympathies générales. On a beau dire que Louis XVI, souverain débonnaire, était incapable d'abuser, en pratique, de l'omnipotence qu'il revendiquait en théorie. Si ses paroles n'effrayaient personne, elles avaient le tort non moins grave de blesser, d'irriter tout le monde. A ce moment de son histoire, la France commençait à penser qu'elle avait, elle aussi, des revendications à prétendre; et, entre autres, elle ne voulait plus admettre que le sort du dernier de ses enfants dépendît d'un caprice royal, ni surtout d'un caprice ministériel.

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