Lois anciennes, t. XXVIII, p
2. Voir Remontrances du parlement de Grenoble, en date du 20 décembre 1781. Archives parlementaires, t. I, p. 340. Dans ce recueil, ces remontrances ne sont pas datées; nous rétablissons la date d'après uu opuscule de la Bibl. nat., Lb"», n» 430.
repris le cours de ses séances, et provisoirement elle suspendit l'effet des règlements ministériels; elle fit « inhibition et défense aux communautés de la province et à toutes personnes de les mettre à exécution ». Le garde des sceaux eut beau écrire au premier président de Bérulle une lettre, dans laquelle il établissait ce que la résolution prise avait d'exorbitant et d'attentatoire à l'autorité royale. Rien ne put empêcher les membres du parlement de Grenoble de prendre fait et cause pour leurs collègues. Un arrêté du 15 décembre, rendu dans une assemblée générale des chambres, confirma solennellement et définitivement la décision provisoire du 6 octobre. En vain aussi le ministère essaya d'effrayer les magistrats par quelques vaines menaces de sévérité. Leur volonté fut mieux obéie que la sienne, et l'assemblée provinciale elle-même trancha le conflit, en déférant à des injonctions qu'il lui était bien facile de braver. A peine était-elle réunie en session ordinaire, qu'elle interrompit ses travaux et se sépara sans avoir statué sur aucune des matières dont Fédit de juin lui avait attribué la connaissance. « Toute la machine administrative se trouva subitement arrêtée en Dauphiné S » et le désarroi que produisit la brusque disparition d'un rouage devenu essentiel contribua puissamment à préparer, dans ce pays, la grande explosion finale, dont le contre-coup allait se faire sentir jusqu'aux extrémités les plus reculées du royaume.
Ailleurs qu'en Dauphiné, l'hostilité des parlements, alléguant d'autres motifs, se traduisait par d'autres actes non moins préjudiciables aux intérêts de la monarchie. Ils entreprirent d'empêcher l'exécution de l'édit de Troyes, chacun dans l'étendue de son ressort, au risque de tarir la dernière ressource qui restait aux